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— Ne crains rien , lui dit-il , jeune Amadine ; et il ajouta tout bas: — Que ce nom soit encore le tien ; la fortune capricieuse règle nos destinées ; . elle t’envoie près de nous dans un moment de crise qui , je l’espère , va nous mettre pour toujours hors de sa puissance; car, vainqueur ou .f vaincu, Je reste sur ce champ de bataille. Pour toi", monte sur cette colline, asile de ceux qui suivent l’armée et qui ne peuvent porter les armes. ( Ritz-Louis, veillez sur lui. ) Nous nous rejoindrons si la fortune nous seconde; s’il en est ■ ' autrement , retourne dans la deme.ure sacrée d’Arran ; vis avec Isabelle , car le brave Ronald a fait vœu de ne jamais revoir la belle fille de Lorn , objet de ses plus tendres vœux, s’il désertoit le champ de bataille ou la cause de Bruce et de l’Écosse. Silence... les sons de ces trompettes m’appellent!... excuse ce prompt départ; adieu.
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adieu. Et il ajouta d’une voix plus basse : — Adieu 1
donc, aimable Edith; adieu. V-
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— D’où vient ce nuage de poussière qui s’élève du côté de l’aile gauche, cria le monarque au - % comte de Moray, qui se tenoit à cheval près de 1 ' lui. Eh quoi, déjà les ennemis ont cerné votre poste ? Ah ! Randolph , vous avez perdu une fleur; de votre couronne ! Alors le comte baisse sa vi- •* sière. — Elle va refleurir, dit-il , ou ma vie se flétrira avec elle. A moi , vassaux de Randolph ! Et ils.se précipitèrent, prompts comme la foudre, sur » les ennemis. — Sire, dit alors le noble Douglas, le comte Randolph peut à peine opposer un de ses hommes contre dix Anglais. Laissez-moi lni porter du secours. — Restez à votre poste^ le ' . comte réparera la faute qu’il a commise. Il ne faut point affaiblir notre corps de bataille.
Alors on* entendit s’élever le cri de la mêlée.
Le cœur du généreux Douglas bondit: — Sire, Ôcouterai-je avec patience ces clameurs, qui peutêtre m’annoncent le chant de mort de Moray f — , Eh bien! va donc, niais hâte-toi do revenir. » Douglas s’élança suivi de son clan. Arrivé au sômmet de la montagne, il arrêta sa troupe. 1 —
Reconnoissez-vous les Anglais taillés en pièces et 1
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' mis en déroute! Le^ comte a su vaincre; voyez - ► sou étendard flotter au milieu du désordre de la mêlée. Amis, retournons à nos postes, notre présence diminuerait sa gloire : nous sommes arrivés trop tard. — Douglas rejoignit l’armée; dans tous les rangs on apprit l’heureuse nouvelle que Dayn- , court avoit péri de la main de Randolph, et que ' ses soldats avoient été mis en fuite. Cette escarv mouche termina la journée. Les deux armées
gardèrent leur ordre de bataille et passèrent la nuit sous les armes. . - • - -- .
f •. xix: ^ ' » ’ >’
C’étoit une nuit du riant mois de juin; la luné poursuivant sa carrière dans un ciel sans nuage , laissoit tomber ses molles clartés sur Demayet et sur les antiques tours de Stirling : les flots de la • . rivière se succédoient comme les anneaux d’une chaîne argentée. Astre paisible , tu dois éclairer bientôt un autre spectacle... des étendards en - lambeaux, des armes brisées, des monceaux de ■ cadavres; et les morts et les blessés confondus dans les flots ensanglantés du Forth.
Tu entends maintenant les'cris .de la débauché au milieu des troupes anglaises, tandis que des légions de l’Écosse implorent le Ciel, et préparent le saint sacrifice. Ici le nombre a fait.naître
— Dîpzé
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la présomption; là-d'est dans le Ciel que les sol» data de Bruce mettent leur Jorce.
La belle Édith se tenoil sur la colline de Saiut-
Gilles , dont le sommet dominoit le champ de bataille. Avec elle sont les serfs et les pages, trop ' jeunes encore pour porter les armes. Avec quelle •agitation pénible elle voit l’aurore colorer l’horizdn ! Déjà le soleil brille sur les hauteurs d’Ochil,et dissipe les ténèbres du sombre Demayet. Est-ce le chant de l’alouette ou le cri sourd du hérofa qui frappe son oreille ? Non; ce sont les accents confus, mais de plus en plus sonores, des trompettes qui se mêlent aux roulements du tambour. L’armée d’Ecosse répond par le son des corne-, museâ et des cors. Chaque soldat fait le signe de la croix , et .saisit ses armes. Le spectacle de la guerre se montre dans tout son appareil.
Les forces de l’Angleterre se déploient dans une immense étendue , comme les flots de l’Océan ,
quand l’impétueux vent d’ouest annonce par ses sourds mugissements rapproche de la tempête.
Aux premières lignes marchent les braves ar-
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chers; derrière eux s’avancent les hommes d’armes', et c’est au milieu de ce corps qu’on recon-
noit le roi entouré de maints chevaliers, les uns
aguerris aux combats; les autres ayant nouvellement reçu les éperons et brûlant de les mériter. Argentine est à ses côtés avec le vaillant de Valance, l’orgueil des Pembroke, choisis l’un et l’autre pour tenir les rênes de son coursier. Au moment où le roi porta ses yeux sur l’armée écossaise, il vit avec étonnement que l’on abaissoit les bannières, les lances et les boucliers; la pointe de tous les glaives est tournée vers la terre ; chaque guerrier fléchit le genou. — Les rebelles se repentent, dit-il à Argentine; les voilà qui s’agenouillent pour implorer leur grâce. — Oui; mais leurs genoux fléchissent devant une autre puissance; ils implorent un autre pardon que le nôtre. Voyez-vous ce prêtre , les pieds nus , qui les bénit en élevant les mains? Ils trouveront ici la victoire ou la mort, -y Eh bien risquons la bataille. Ordonnez au comité de Glocester de commencer l’attaque.
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Au moment où les troupes écossaises se relevèrent, lé comte Gilbert agita son bâton de commandement. A ce signal , les archers anglais font un pas en avant, élèvent la main gauche et ap-
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prochent leurs arcs de l’oreille droite; le frémissement de dix mille cordes se fait entendre , et dix mille flèches frappent l’ennemi comme ta grêle de décembre. "Ni le bouclier doublé d’une épaisse peau de buffle, qui couvre le soldat des montagnes, ni ta cotte de mailles que portent ceux des plaines , ne les sauvent de cette tempête. Malheur, malheur à ta superbe Écosse.! les cavaliers de Bruce ont mis pied à terre et se tiennent auprès de leurs chevaux. Le bouillant Edward, le pied sur l’étrier et ta main sur ta crinière de son cheval pouvoit à peine contenir son impatient courroux; enfin , les archers anglais s’avancent dans 1a plaine. — A cheval , braves guerriers! s’écria-t-il, et au même instant les cavaliers se trouvèrent en selle. Leurs brillantes aigrettes s’agitèrent comme les feux follets qui s’élèvent de ta terre. La poitrine défendue par leur bouclier, ils tiennent 1a tance en arrêt. Edward s’écrie : — En avant, tombons sur ces misérables, brisoiis les cordes de leurs arcs!
L’éperon s’enfonce dans les flancs des chevaux ; (
ils se précipitent au milieu du corps des archers.
Sans retranchements pour se mettre à l’abri , sans armes pour les arrêter, les archers ne peuvent
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résister avec leur armure légère au clioc de ces lourdes massues cl aux fers.de ces longues-piques. Leurs courtes épées sont inutiles contre des chevaux bardés de 1er et des guerriers couverts de cottes de mailles; ils ont perdu leurs rangs; le glaive plane sur leurs têtes : on entend les cris de victoire et les plaintes des mourants. Les archers soutiennent quelque temps le combat avec une valeur opiniâtre; mais enfin, rompus de toute part , ils sont forcés de chercher leur salut dans la fuite.
Cerfs de Sherwood et de Dallom-Lee, bondissez de joie, les arcs brisés à Bannock-Burn ne dirigeront plus des flèches contre vous. Que les jeunes filles ornent de feuillage le joyeux Mai de Wakefield , et tournent leurs regards inquiets vers le Nord; leur attente sera trompée, elles ne reverront plus ceux qui les animoient à la danse.
.' Dispersés , taillés en pièces, criblés de mille coups , fdulés par le pied des chevaux , les archers couvrent de leurs cadavres la plaine ensanglantée de Banïnock.