XXIV
Le roi d’Angleterre s’indigne de leur fuite. — Les voilà, disoit-il, ces valebreux archers! il n’est
' pas un de ces grossiers paysans qui ne se vantât
de porter dans son carquois la vie de douze enne-
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mis. Les. lâches, 1 ils sont plus propres à dévaster nos forêts qu’à se mesurer contre un ennemi courageux. Allons, gentilshommes et chevaliers, en avant! montrez votre vaillance; il vous appar-
1 tient de rétablir le combat.
A la droite du champ de bataille se trouvoit un chemin facile et uni, mais le prévoyant Bruce l’avoit fait couper par des fossés, qui, recouverts de broussailles et de gazon, cachoient un piège inévitable. Douze mille cavaliers se précipitèrent dans ce chemin, la lance en arrêt, le cœur brûlant de vengeance et défiant de loin l’ennemi avec des cris terribles mêlés au bruit des clairons. Hommes et chevaux s’élancent en aveugles sur le champ de bataille; les premiers sont déjà tombés dans l’abîme ouvert sous leurs pas; ceux qui les suivent s’y précipitent après eux : les casques , les boucliers, la cotte de mailles, la lance et l’épée ; la force , la bravoure , rien ne préserve de cette mort. Des clameurs confuses s’élèvent du milieu de ces précipices ; ce sont les cris des mou- , bants et les hennissements de mort des chevaux.
Ils accouroient, semblables au torrent descendu . des^ontagues , qui roule à travers les rochers;
ils se sont engloutis comme ses vagues écumeuses > dans une caverne obscure : le torrent bouillonne encore ; et chaque flot disparoît en mugissant.
LE LORD . Dte ÎLES.'