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Mais l’ Angleterre ne cède pas sitôt le champ de bataille ; ses plus nobles preux combattent pour elle ; il lui reste maint chevalier à qui la crainte ne fut jamais connue. Le courageux comte ffo-Nor*- ' folk, de Brotherton, l’illustre De Vere d’GÉford,, Glocester, Berkley, Grey, Bottetourt, Sanzavere, Ross, Montagne, Mauley, le superbe Gourtenay, Percy, vivent encore. Leurs noms connus avec honneur, dans les guerres d’Écosse , à FalkirJk.et à Dunbar, s’illustrèrent plus encore dans la suite par les combats de Crécy et de Poitiers. Argentine et Pembroke font avancer l’arrière -garde; ils foulent avec précaution cette terre couverte de, cadavres , et que le sang a rendu glissante. Arrivés à l’ennemi, les hallebardes, les haches et les lances se croisèrent avec une égale furie. C’est alors que Douglas put déployer sa force, et Randolph sa généreuse valeur. Stuart se montra digne d’être un jour le chef d’une race royale. Anglais, Écossais, combattent, avec le même courage.-Que de nobles cimiers jonchèrent la terre! que de chevaliers illustres reçurent le trépas! Le cJRiage moissonne tous les rangs. ! • , ;
CHANT VI
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Chaque soldat combattoit corps à corps; les coups succédoient* aux coups; le cliquetis des armes et les cris de guerre étouffoient les soupirs des mourants. Dans les deux partis , que de motifs Éifférents inspiroient tous ces héros de l’Angleterre et de l’Ecosse! Le chevalier mouroit pour la gloire, le citoyen pour son pays, lejeuné homme pour faire pretfve de son courage ou pour mériter l’amour de sa dame; quelques-uns v'euoient assouvir une horrible soif de sang; l’ha- . bitude et une bravoure naturelle conduisoient les autres; mais, quel que soit leur but, soldat loyal , serf ou noble , tous suivirent la même roQte... celle du tombeau;
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Quoique l’ardeur des combattants commence à s’éteindre , la victoire est incertaine. Le soleil est arrivé au milieu de sa course. La poussière s’élève en nuages plus épais. Les coups sont devenus plus foibleS. Douglas s’appuie sur son épéfe. Randolph essuie son front couvert de sang. Les troupes anglaises ne sont pas moins fatiguées d’un combat qpi dure depuis la pointe du jour. Le vail-
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lant Egremont s’arrête pour reprendre haleiue; Beauchamp relève la visière de son casque. La lance s'échappe des maius de lord Montague. Et . toi aussi, brave De Vère, tu laissas tomber ton épée; les coups que portoit l^robuste Berldey se rallentirenl. Le cor de l’intrépide Peinbroke perdit ses accents guerriers. Ton bras s’abaisse, Argentine; et je n’entends plus la voix de Perc^ qui crioit : — Camarades , avançons.
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„ Bruce, dont l’œil vigilant comme celui du pilote^ s’aperçoit de la lissitude des combattants,
s’est écrié : — *- Encore un effort et l’Écosse sera
libre. Lord des lies, ma confiance en toi est ferme comme le rocher d’Ailsa; fonds sur l’ennemi avec les montagnards, moi je vais charger à. la tète de mes- lanciers de Carrick. Allons, courons au combat. t— A ussitôt le pibroc se fait entendre; Bruce ordonne la charge. — En avant, lanciers de Çarrick! l’ennemi lâche pied; marchons, nobles fils d’Innisgail : vous combattez pour vos femmes’, vos enfants, pour votre patrie, votre liberté, pour votre vie; le succès ne sera pas long-temps douteux. — •