LES FIANÇAILLES
DE TRIERMAIN.
CHANT PREMIER.-
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Ou est la vierge mortelle digne d’être unie au baron dç Trierraain ? Elle doit être aimable , constante et tendre, pure, modeste, gaie, douce, affablè, généreuse et d’un sang noble;., aimable comme le premier rayon du soleil qui perce les v nuages d’une matinée d’avril ; constante comme .la colombe privée de sa compagne; tendre comme le ménestrel qui chante l’amour; pure comme la source d’une grotte dont jamais le soleil n’a ea- • ressé l’onde argentée ; modeste Comme la jeune fille qui aime sans espoir de retour et comme la prière du soir d’un ermite; douce comme la brise qui soupire et meurt , et cependant gaie comme la feuille légère que son souffle balance ; affable comme un prince le premier jour de son règne ; généreuse comme la rosée du printemps qui féconde la terre ; son sang enfin doit être noble
LIES ElASC AILLES I>E TKIERMAIX.
comme celui qui couloit dans les veines des Plantagenets... Telle doit être la vierge mortelle qui s unira à sir Roland de Triermain.
Sir Roland De Vaux a été goûter quelques heures de^sommeil. Son sang étoit agité, sa respiration difficile; il venoit de combattre les Écos* l’excursion avoit duré long -temps; son
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heaume et son bouclier froissés portoient les marques d’un combat opiniâtre. Chacun, dans son château, doit observer le silence; les ménestrels le charment par les sons les plus doux de leurs harpes, jusqu’à ce que le sommeil descende sur son sein comme la rosée sur une colline.
ni.
C’étoit le matin d’un jour d’automne; le soleil luttoit contre les vapeurs d’un brouillard qui, tel qu’un crêpe d’argent, enveloppoit la cime lointaine du Skiddaw. Tous les vitraux colorés
du châfeau de Triermain brilloient d’une lumière pâle, quand le valeureux baron se réveilla en sursaut, et, appelant à haute voix tous ses serviteurs , s’eippressa de leur dire.:
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— Ecoutez-moi , mes ménestrels; qui de vous viciât de tirer de sa harpe ce son' mourant, si doüx et si tendre qu’il nr’a semblé la voix d’un ange qui appelle un saint près de rendre Je dernier soupir. Dites-moi, mes braver vassaux , où a-t-elle passé cette vierge céleste dont^le regard étoit si pur, et la démarche si gracieuse; une plume d’aigle ornoit ses noirs cheveux ; elle vient f de traverser mon appartement tout à l’heure.^. ,
Richard de Brettville répondit (Richard étoit le chef des bardés "du baron) :
— Noble chef, nous avons observé le plus profond silence depuis l’heure de minuit , où les accords de nos harpes, semblables au murmure du ruisseau , vous ont procuré le sommeil.
■ — Si le son d’une harpe s’étoit fait entendre , il n’àuroit pas échappé à mon oreille attentive, quand il eût été aussi foible que le soupir à demi étouffé d’une vierge qui croit son amant auprès d’elle.
Philippe de Fasthwaite, chargé de la garde de ‘ la Cour, répondit: . ,
— Depuis que nos sentinelles ont été placée»