XVI. ‘ „ V
L’éclat soudain de cent torches brillantes dissipa les sombres ténèbres qui obscurcissoienl les murailles, et découvrit aux yeux étonnés du roi les habitants de ce château. Ce n’étoit ni un magicien farouche, ni un lutin hideux, ni uh géant informe, ni un chevalier païen. Mais les lampes, qui exhaloient une va peur, odorante, éclairoiënt de leur douce lumière une troupe de jeunes
198 1 LES FI ANC AUX ES D£ TJUEltMAIN.
beautés. Elles accoururent comme les ..vagues légère^ cfui bondissent sur le rivage; cent voix répétèrent un tendre salut, cent jolies mains assaillirent la cotte de mailles du roi, et en délièrent à l’envi les boucles et les agrafes d’acier. Une de ces demoiselles le revêtit d’un magnifique manteau , unè autre versa des parfums sur sa chevelure, une troisième le couronna d’une guirlande de myrte. Jamais une fiancée, au jour de ses noces, ne fut parée avec tant de soin et dé gaîté.
- xvii. ,
- Toutes ces jeunes filles rioient. En vain le roi multiplioit ses questions , elles le laissaient prier et supplier; leur réponse étoit un nouvel éclat de rire. Elles feignoient ensuite de le charger de chaînes, mais c’étoient des guirlandes composées, dés plus belles fleurs du printemps. Pendant que les unes réunissent les efforts de leurs bras délicats pour entraîner le chevalier de plus en plus surpris , d’autres, plus hardies , le pressent d’avancer en lç frappant avec des touffes de lis et d,e roses. > • , v .. ■ . -
*: Quatre jeunes filles portoient la lance de Tin-
tadgel , et deux d’entre elles semblôient pouvoir à peine soulever la longueiame de Calibom. Une autre, affectant une démarche martiale, voulut
Digiti
- ■ CHANT PREMIER. • »’ I99
placer jsut son front le casque du héros , et poussa un cri de plaisir et de surprise en le sentant descendre sur ses yeux. Cet essaim folâtre s’avançoit ainsi gaiment, avec des acclamations et des chants de triomphe. - ;•
• • -* -• '* xviii. . , ■ /.
Le roi captif fut conduit à travers mainte galerie et' maint appartement. Enfin lç cortège s’arrêta sous un beau portique. La plus âgée de ta troupe ( elle n’avoit que dix-huit printemps) leva la main d’un air solennel, et commanda un silence respectueux pour recevoir la reine. Toutes ses compagnes se turent. Mais en jetant un regard furtif sur Arthur, leur rire étouffé se trahit dans les fossettes de leurs joues et dans leurs yeux animés par la gaîté.
• v . xix. • • ; * . . » ..
Les attrihuts de ces temps héroïques ne vivent' plus que dans les chants du ménestrel. La nature épuisée aujourd’hui étoit alors prodigue du bien et du mal. La force étoit gigantesque , la valeur enfantoit des prodiges , la science pénétroit au delà des deux, et la beauté av.oit des charmes si incomparables, qu’elle n’est même plus égalée par les rêves des amants. Mais même dans ces siècles romantiques , jamais les mortels n’avoient vu des