‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 49 sur 124 · I,ES FIANÇAILLES DE TRIERMAIN · texte numérisé non relu

I,ES FIANÇAILLES DE TRIERMAIN

attraits aussi séduisants que ceux qui frappèrent tes yeux éblouis d’Arthpr, quand parut dans ce séjour enchanté la reine du château, au milieu du cortège de ses suivantes et de sès pages. En traversant à pas lents le portique, elle laissa tômber sur le monarque un regard expressif de ses noires prunelles; ses joües se colorèrent tl’un vif incarnat; à peine si Arthur, épris et confus, put soutenir ce regard languissant. Un sage qui se fût trouvé à son côté pendant que son orgueil lüttoit encore contre l’amour, lui eût dit à l’oreille : ^Prince, sois sur tes gardes; arrache la proie du tigre furieux , attaque le lion aux abois, oppose-toi • au passage d’un cruel dragon , mais évite le piège séducteur de la beauté.

Ce combat fut bientôt terminé, lorsque la clame s’approcha de son hôte avec cet air gracieux dans lequel les femmes mêlent la courtoisie et la fierté avec tant d’adresse, qu’elles subjuguent et charment le cœur en même temps.

Elle fit d’abord un compliment poli à Arthur, puis elle le pria S’excuser la plaisanterie de ses suivantes frivoles, qui, nées dans des grottes solitaires, ne savoient pas rendre au noble étranger* les Honneurs qui lui étoient dus ; elle lui demanda aussi de 'lui accorder la grâce d’accepter

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pour cette, nuit l’hospitalité dans son château.

Le monarque accepta avec une modeste reconnoissance. Un banquet fut servi à un signe de la dame : des chants, des contes, d’aimables plaisanteries firent couler rapidement cette soirée,

- 1 La dame étoit assise auprès du prince ; à son tour elle devint timidç et confiise, et sembloit écouter avec indifférence les propos légers qu’il loi répétoit tout bas. Son air étoit modeste et ingénu, mais on y distinguoit une ombre de contrainte , comme si elle étoit occupée du souci de cacher quelque pensée secrète ; elle s’arrètoit souvent au milieu d’une réponse , baissoit ses yeux noirs, et étouffoit le soupir langoureux qui <. soûle voit les globes de son sein.

Ce ne sont la que des symptômes ; mais comme le berger devine que le soleil embrasera le ciel par les vapeurs qüi voilent l’horizon du matin, de même le monarque comprit par cette réserve affectée que le cœur de la dame nonrrissoit des passions plus ardentes que celles que laissoient deviner ses yeux. • ' r ' ■ . ' . •

' II - devint plus pressant à mesure que le choc des verrês excitoit de plus en plus la gaîté des suivantes et les chansons 4es ménestrels. *

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