XIX
Tl fend l’onde d’un bras vigoureux , atteint la
rive opposée, pénètre dans le château , et s’avance
dans une salle dont les vastes murailles sont or- SKÊÊ ' " ■ , #
nées de tableaux représentant les prouesses d’anciens chevaliers; ici on les voyoit en venir aux mains au soudes trompettes; là, dans une caverne ou un désert, ils domptoient un géant, bravoient un griffon furieux ou l’haleine enflammée d’un dragon; leurs armes étoient d’une forme étrange; leurs visages ne l’étoient pas moins; ils sembloient des héros d’une race antique dont les exploits, la paissance et le nom, oubliés depuis long- temps pour d’autres guerriers plus modernes, étoient consacrés dans ce lieu afin d’intimider les fils d’un siècle dégénéré, dont l’audace braveroit le même sort. Pendant quelques moments le chevalier admira ces prodiges; mais bientôt il se dirigea vers ^ l’autre extrémité de la salle, d’où trois larges marches conduisoient à un portail voûté. Sous le cintre de sa vaste arcade étoit un guichet avec une ouverture grillée. Avant de se hasarder plus loin , . • le brave Roland jeta un coup-d’œil par cette ouverture.
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