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La Valeur ressembloit à un chevalier des temps antiques, armé de pied en cap et prêt à toutes les aventures ; son épée étoit trempée dans les flots > glacés de l’Ébre; la plume de l’aigle de la Moréna ornoit son cimier, et les dépouilles du lion d’Afrique défendoient son sein. Elle s’avançoit aveô arrogance , et jetoit son gant comme pour défier les plus braves. Sa compagne la sùlvoit d’un air sombre et grave. < v *J
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Le génie guerrier laissoit lire sur ses traits tout l’orgueil de son âme , et ne cessoit de vanter ses ' titres , son origine , ses exploits et sa gloire ; cepèndant-le moine aux pieds nus étoit encore plus orgueilleux que iui^et comme le lierre embrasse le chêne de ses bras flexibles , de même le moine
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DE DU» RODRIGUE. 2C)7
entouroit les âmes les plus nobles de ses arti T fices, etsubjuguoit parles enchantements secrets l'homme libre et fier. La vieillesse décorée de Termine et la jeunesse fameuse dans les armes, lipnorant sa discipline et sa haire , baisoient dévotement la trace de ses pas?.
C’est ainsi que la Valeur, ce chevalier incomparable qui jamais n’avoit baissé la visière devant les rois, et qui fut toujoufs victorieux dans les combats et dans l’arène depuis le jour où il revêtit ses membres d’une cotte de mailles, la Valeur s’humilie devant cet anachorète, renonce à raisonner sur le bien et le mal, met à son premier signe la lance en arrêt, et trouble l’univers par ses barbares exploits. La Valeur étoit aussi farouche que brave, aussi impitoyable que
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tient les pierres précieuses qui les composent sont brisées et ternies y ce sont les idoles d’or enlevées aux temples païens et souillées d’un sang que l’ermite remarque avefc un regard affreux et en souriant sous son capuchon.
L’ermite bénit ces offrandes , et ordonne qu’on rende au Ciel des actions de grâces : à sa voix les hymnes se font entendre, les encensoirs d’argent sont l?alancés; mais aux vapeurs embaumées se mêle la noire exhalaison des victimes ,
étouffées dans la flamme : les gémissements des captifs troublent les chants religieux; des cris d’agonie couvrent la voix des choristes, tandis qu’au milieu de ce bruit confus la scène s’obscurcit et s’efface aux veux de Rodrigue.
Un prélude harmonieux se fit entendre au moment où le géant renversa de nouveau les grains du sable. Cette musique ressembloit à celle qui annonce la danse champêtre et appelle les vendangeurs des riants coteaux de Xérès. Le jeune Castillan se réunit à sa compagne pour commencer le léger boléro; ils sont fiers, lui de sa
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toque brodée, elle de ses noires tresses et -dé
son gracieux corset ; déjà les danseurs s’élancent et agitent leurs, castagnettes. . '
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’ Ces accords conviennent au nouveau tableau offert aux yeux du monarque. La Valeur a adouci son regard enflammé : telle qu’un lion apprivoisé, elle est étendue aux pieds d’une dame, et son air languissant exprime qu’elle ne peut plus soutenir le poids d’une armure. Devenue aussi moins pieuse , elle se hâte de marmotter ses prières. Mais le joyeux villageois émonde la vigrje , le muletier parcourt en sifflant les coteaux et les vallons; sur la pelouse du village résonnent les airs joyeux de la séguidille.
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L’antique royauté, devenue impuissante, laisse échapper le sceptre de ses mains sans vigueur ; elle voit avec insouciance sa puissance usurpée par une femme infidèle et son audacieux favori. Mais- la paix règne dans les chaumières, loin des intrigues de la cour et des querelles des factions : l’amour fait ses tendres aveux sous l’ombre du châtaignier, au son de la guitare. Le soleil dis-
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paroît lentement, et cède à regrette ciel à la
douce étoile du soir. <* - - ' * '
Cofhrae ce nuage de la mer qui fut aper^ 1 «les hauteurs du Carmel par le prophète Tishbite,-éf qui, apmblable ’à une main, edUlFrii'&uffemetît de. son ombre la terre d’Israël, offrant d’abord quelques teintes brillantes d’or et de pourprç empruntées aux rayons du soleil, mais qui. bientôt roulant plus épais et plus sombre , obscurcit entièrement la voûté du’çiel, et vers^iune pluie ' de grêle au milieu des sifflements de la tempête
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Tels on vit s’avancer au milieu de ce peuple tranqujlledes bataillons de l’étranger, semblables à dès groupes de nuages. Leur chef portait son épée dans le fourreau ; son front annonçpit là paix; il tendoit la main en signe de franchise, déguisant la perfidie qu’il méditait sous ûu mas-*, que spécieux* jusqu’à ce qu’il eût pris possession de tous les passages. Alors s’évanouirent le^serment de^l’honneur et. les liens de l’amitié !. Il étendit sa serre de vautour, et déclara. quel’ Espagne était sa proie; , ' . -
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