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L’impitoyable chef appelle du geste une ombre pâle. C’est son frère à qui il ordonne de fléchir les genoux , et de recevoir sur son front la couronne d’Espagne pendant que les trompettes sonnent et que des hérauts crient : Castille !
y — Est-ce l’amitié fraternelle qui inspire le tyran? Non, ce cœur farouche n’aime que luijnême ; cependant il entoure de ses guerriers le trône de ce nouveau prince , afin que le pauvre mannequin puisse jouer son rôle d’esclave cou- rqnné,- et se mouvoir par ses signes.
LA Visio»
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Le silence de la terreur ne pèse pas long-temps sur ce royaume outragé; ses citoyens s’indignent enfin du parjure. D’une voix unanime ils s’écrient tous : Aux armes; et ils volent tou» au combat. Le génie de l’Espagne, la Valeur se réveille et s’arrache au plaisir et à la mollesse , comme le Nazaréen 1 , interrompant son sommeil , brisa soudain ses liens, et opposa son terrible bras à ses perfides ennemis.
Ce roi de théâtre promène un regard inquiet sur les satrapes qui l’entourent, il se dépouille de son manteau royal, détache le diadème qui lui ceint le front et cherche son salut dans la fuite. Les clairons des patriotes de l’Espagne retentissent depuis Tarik jusqu’aux montagnes de Bilboa. Les satellites du roi fugitif défendent encore quelque temps son trône déserté , s’intéressant peu à sa cause , mais combattant pour eux et pour la gloire.
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On entend ces clairons sur les cimes de l’Alpuhara. L’écho de Comuna en répète les sons. La : #> •
noble Grenade leur répond par un cri de guerre. '
Ils vont ébranler les palais maures de Grenade; la Galice envoie ses enfants au combat, la sauvage Biscaye en tressaille de joie, Valence se réveille, . ’ •
et toujours les premiers au danger, les ardents \ ' miquelets courent à leurs carabines. • -, *» *
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Incapables de trembler et altérés de combats , . . 7 les agresseurs s’avancent, sûrs de là victoire, habiles dans Part de réunir ou de diviser leurs * Tvv , •, forces, habitués aux triomphes et aux fatigues; '
Leur chef sait aussi assurer ses conquêtes en • < ’ -
soufflant la discorde, en semant la jalousie, impo- .- .*
sant par ses forfanteries et sachant corrompre et r .\.S '
séduire, tandis que l’Espagnol n’a que des cœurs A.-. ' exaltés par la liberté, et des bras disposés à frapper pour elle.