‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 11 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

à livrer la flotte danoise , en cédant à la menace qu’on saurait bien l’y contraindre; et , quoique par amour pour son peuple et pour sauver sa capitale , il eût dû prudemment épargner une résistance inutile , il est impossible de blâmer le sentiment d’honneur et de fierté qui le porta à se défendre du mieux qu’il lui était possible.

Aussitôt que l’on s’aperçut que les Danois se proposaient d’éluder une réponse, afin de gagner du temps et de faire en toute hâte des préparatifs de défense, les Anglais débarquèrent , disposèrent leurs batteries , et commencèrent un bombardement qui occasionna un épouvantable incendie. Quelques troupes que l’on avait réunies dans l’intérieur de l’ile furent dispersées par celles de sir Arthur Wellesley, nom déjà célèbre dans l’Inde , mais cité alors pour la première fois dans les guerres de l’Europe ; enfin les Danois discontinuèrent une défense inutile , et le 8 septembre la citadelle et les autres forts de Copenhague se rendirent au général anglais. Les vaisseaux danois furent frétés avec la plus grande célérité possible , ainsi qu’un grand nombre de transports et un matériel considérable , qui , si les Français s’en fussent emparés , leur aimaient donne de grandes facilités pour équiper une flotte.

Comme l’attaque contre Copenhague fut sui-

a4 VIE DE NAPOLÉON EU ON APARTE .

vie de circonstances qu’il était très facile de présenter sous un faux jour, la France, qui, ainsi que Napoléon son chef, avait montré depuis le commencement de la guerre le plus grand mépris pour les droits des nations neutres , soit lors de l’invasion de l’Égypte pendant qu’elle était en paix avec la Porte, soit lorsqu’elle s’empara du Hanovre quoique alliée de l’Allemagne, soit en ce moment même où elle méditait de s’approprier l’Espagne et le Portugal ', la France et Napoléon, disons-nous, témoignèrent une horreur extrême de la violence exercée contre la capitale duDanemarck. La Russie s’en offensa aussi k un degré qui prouva que le ressentiment de voir ses projets renversés se mêlait k l’affectation de son zèle pour les droits de la neutralité. Mais l’esprit d’énergie et de hardiesse avec lequel l’Angleterre avait formé son plan , et l’avait exécuté , frappa d’une terreur salutaire toutes les autres

1 Cette énumération des griefs de l’ennemi prouve seulement que l’Angleterre avait besoin de justification. Si les précédens de ce genre pouvaient être cités à l'appui de l’injustice, Buonaparte était dans son droit. Mais le seul droit imprescriptible est celui de l’honneur et de la bonne foi : le bombardement de Copenhague dura trois jours ; plus de six cents maisons furent incendiées , plusieurs milliers de familles ruinées ou massacrées. [Édit.)

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