CHAPITRE I
<]ue la Suède entrerait volontiers dans une telle alliance , et que le Danemarck ne refuserait pas d’y adhérer s’il y était encouragé par l’exemple de la Russie , qui devait être la tête et l’âme de la coalition.
Cette communication faite au ministère russe fut reçue avec la plus grande froideur’. On ne saurait aujourd’hui déterminer s’il y eut un excès de confiance de la part de l’agent , ou si cette démarche était fondée sur l’idée prématurée et fugitive d’une rupture avec la France que l’Empereur aurait ensuite abandonnée ; ou si enfin , comme cela est plus probable , le véritable motif était de découvrir- l’étendue des ressources de la Grande-Bretagne, et les projets à l’exécution desquels elle méditait de les employer Il suffit d’observer que l’attitude avec laquelle la Russie reçut la communication de l’Angleterre, était si différente de la disposition qu’elle avait montrée en sollicitant la confiance du ministère anglais, que la négociation avorta complètement.
L’empereur Alexandre fit connaître à quel projet il s’était fixé aussitôt que l’ Angleterre eu l
1 Si cela était , la perfidie de l’Angleterre envers le Da nemarck autorisait tout au moins ce détour. [Édit.)
a8 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, refusé sa médiation dans sa querelle avec la France. Il exprima, dans une proclamation ou manifeste, combien il regrettait d’être jamais entré dans des arrangemens avec l’Angleterre , qu’il reconnaissait être préjudiciables au commerce de la Russie ; il s’y plaignait (et cela avec justice) que l’Angleterre n’eût agi dans cette guerre que faiblement , partiellement et de manière à ne satisfaire que ses intérêts; l’attaque contre le Danemarck y était traitée de violation du droit des gens. En conséquence, l’Empereur annulait toute convention faite entre la Russie et la Grande - Bretagne, et spécialement le traité conclu en 1801 ; enfin il reconnaissait le principe de la neutralité armée qu’il proclama un monument de la sagesse de Catherine-la-Grande. Au mois de novembre 1806, un ukase , ou décret impérial , mit un embargo sur les bâtimens et les propriétés des Anglais. Mais , favorisés par la nation russe , et même par les officiers que le gouvernement avait chargés du soin de faire exécuter cette mesure, les capitaines furent avertis à temps ; et , profitant d’un vent favorable , quatre-vingts bâtimens mirent à la voile avec leurs cargaisons , et gagnèrent l’Angleterre.
L’Autriche et la Prusse se virent dans la