‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 27 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

peut trouver dans la lecture du Coran ; mais l’homme est si disposé à abuser du pouvoir et à en dépasser les limites ; la nature humaine est en effet si peu propre k posséder ce pouvoir , que dans tous les pays où le juge jouit d’une juridiction si arbitraire, on le trouve accessible k la séduction ou susceptible d’être intimidé par des menaces : manquant d’indication directe et précise , n’ayant point de boussole qui le guide, il ne consulte pour se diriger que son propre intérêt.

Les membres de la commission législative française jugèrent sagement qu’il leur fallait rédiger le nouveau code dans un système qui accordât , autant que possible , une égale protection aux diverses espèces de droits avoués et reconnus dans l’état actuel de la société : ils ne pouvaient pas faire moins ; et , selon notre opinion, leur code n’atteint encore qu’incoin plétement cet objet principal. Par le contrat social , un individu abandonne k la société le droit de se protéger et de se venger lui-même, sous la réserve et la condition expresse que la loi le défendra et punira ceux de qui il a reçu quelque outrage. La vengeance a été appelée par Bacon une sorte de justice sauvage; un individu qui demande justice ne fait donc qu’exercer une poursuite modifiée et légitime

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de sa vengeance , qui doit , k la vérité , être tempérée par les sentimens moraux et religieux de la partie intéressée , mais que la loi est destinée à faciliter en compensation du frein qu’elle impose aux passions humaines. Par conséquent , la manie de plaider ne saurait être arrêtée ; on peut seulement la diminuer en établissant d’avance autant de règles qu’il en est besoin pour embrasser le plus grand nombre des cas qui peuvent se présenter, et en se confiant k l’autorité de juges pénétrés de l’esprit de la loi pour la solution de ceux qui ne pourraient pas être décidés conformément k la lettre.

On procéda k l’organisation de cette grande œuvre nationale avec la prudence et la délibération que l’importance du sujet exigeait. Divisant les sujets de législation selon les distinctions admises par les jurisconsultes , les membres du Conseil commencèrent par la publication et l’application des lois en général ; ils passèrent de ce sujet préliminaire k la considération des droits individuels envisagés sous leurs différens rapports , aux droits concernant la propriété , et enfin k ces formes légales de procédure par lesquelles les droits des citoyens , soit dans les circonstances qui n’intéressent que leurs personnes , soit dans celles où la propriété est corn-

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