‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 35 sur 51 · CHAPITRE II. 7g · texte numérisé non relu

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ruiné par une guerre maritime si prolongée , et qu’accompagnaient tant de prohibitions rigoureuses ; mais l’entière destruction en fut en quelque sorte consommée par l’obstination avec laquelle Buonaparte tint à son système continental. Par ce système , il espérait ruiner à la longue le commerce de la puissance rivale ; mais tout le poids en retomba d’abord sur la France, dont les ports ne contenaient plus d’autres bàtimens que ceux du cabotage des côtes et des bateaux de pêcheurs ; enfin le commerce de Marseille, de Bordeaux et de Nantes avait, en grande partie, cessé d’exister. Le gouvernement de l’Empereur était devenu impopulaire dans ces villes en proportion de leurs pertes ; et quoique on y fût réduit au * silence , parce qu’on y était environné des espions d’un despotisme vigilant et jaloux , le mécontentement ne pouvait être complètement dissimulé.

D’un autre côté , ces capitalistes qui avaient de l’argent dans les fonds publics, ou qui étaient intéressés dans les fournitures des nombreuses années de Napoléon, et le grand nombre de personnes influentes qui étaient chargées de la perception ou de la dépense des revenus du trésor, étaient nécessairement dévouées à un gouvernement sous lequel , malgré la vigilance de

8o VIT! DR NAPOLÉON BUQN APARTE.

l’Empereur, ils faisaient des profits considérables , même quand ils avaient rendu aux ministres , et peut-être aux généraux qui les protégeaient , une partie de ce pillage. Napoléon , quoique économe et calculateur parfait j n’en était pas moins incapable, si toutefois il le voulut sincèrement , de mettre un terme aux déprédations de ceux auxquels il confiait le pouvoir. Dans ses conversations à Sainte-Hé^ lène, il fait de fréquentes allusions à la vénalité et à la corruption de ceux qu’il employait dans les postes les plus éminens , sans trouver dans leur avidité une objection suffisante pour se priver de leurs services. Fouché, Talleyrand, et plusieurs autres , sont ainsi styginatisés; et comme nous savons combien de temps et en combien d’occasions différentes il employa ces * hommes d’Etat , nous devons supposer que , quelle qu’ait pu être sa façon de penser , quant aux individus , il était parfaitement disposé à passer sur leurs dilapidations pour profiter de leurs talens , même quand des pratiques de ce genre étaient trop criantes pour qu’on n’y fit point attention : la manière dont Napoléon avait coutume de les censurer et de les réprimer n’était pas telle qu’on pût y reconnaître un sentiment moral ou aucun désir d’user d’une rigueur extraordinaire pour en prévenir le re-

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