CHAPITRE I
supériorité , que nous n’hésitons pas de proclamer incontestable , à très peu d’exceptions près 1 , partout où les Anglais se sont rencontrés en même nombre que leurs adversaires , provient d’une plus grande force corporelle ou d’un caractère plus ferme et plus résolu ; ce qui paraît certain , c’est que le soldat anglais , inférieur au français sous le rapport général de l’intelligence et du métier de la guerre, a pourtant un avantage décidé dans le choc sanglant et corps à corps d’une charge à la bayonnette. Il est aussi remarquable que cet avantage n’est pas particulier à l’un des trois peuples réunis sous le sceptre de la Grande - Bretagne , mais qu’il est commun à chacun d’eux, quelle que soit la différence qui existe entre leurs habitudes et leur éducation. Les gardes du Roi fournis par la ville de Londres forment contraste avec un régiment irlandais recruté dans ses prairies fertiles , ou avec un corps écossais sorti de ses déserts et de ses montagnes ; cependant il serait difficile de
1 Ce sont pourtant. ces exceptions qui pourraient bien être plus nombreuses que les règles : notre tour viendra de le prouver ; d’ailleurs on peut dire en thèse générale , avec Napoléon , que les meilleures troupes sont celles qui gagnent les batailles ; les Carthaginois sous Annibal , les Romains sous les Scipion , les Macédoniens sous Alexandre, les Prussiens sous Frédéric. (Édit.)
donner la palme à l’un plutôt qu’a l’autre , car tous possèdent également ce courage audacieux, qui , sans mesurer la force ou calculer les chances , les fait se précipiter sur l’ennemi comme le chien dressé au combat sur L’ours qu’il veut terrasser. L’effet moral de la bataille de Maida fut le principal avantage que les Anglais en reth’èrent , car le caractère impétueux, sanguinaire et indomptable des insurgés calabrois fît juger impossible de continuer la guerre avec de tels auxihaires. La malaria, sorte de maladie partieuhère à ce pays , se répandant parmi les troupes anglaises , sir John Stuart fit embarquer sa petite armée et revint en Sicile ; les efforts des Anglais se bornant alors à défendre cette île. Mais , considéré comme un corollaire de la bataille d’Alexandrie , le combat de Maida avait bien quelque importance. Nous n’avons jamais appris si le général Reynier l’avait également jugé digne d’un commentaire.
T ous les hommes éclairés de l’Angleterre commençaient à voir que le gouvernement, par mie fâcheuse et timide politique,- n’employait, dans cette importante guerre , que de faibles expéditions et des essais d’armement , insuifisans pour atteindre le but, et qui ne pouvaient produire qu’un désappointement funeste. On était revenu tle l’idée étroite de ne faire la guerre que pour