‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 41 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

gloire , car Buonaparte aurait tait bien plus de mal au commerce anglais, qu’il savait bien être le point vulnérable de la Grande - Bretagne , avec six corsaires de Dunkerque qu’avec tous les vaisseaux de ligne qu’il pouvait faire construire dans les nouveaux et coûteux bassins d’Anvers, avec ceux de Brest et de Toulon par-dessus le marché.

Dans toutes ces choses, Napoléon fit précisément ce qu’il reprochait ironiquement au Directoire de n’avoir pas su faire • il agit sur l’imagination de la nation française, qui, à la vérité , avait été tellement éblouie par tout ce qu’il avait fait d’extraordinaire, que lui eût-il promis de plus grands miracles encore qu’on %en apercevait dans les magnifiques travaux qu’il ordonnait d’entreprendre , les Français auraient pu être justifiés de compter sur l’entière exécution de ses prédictions. On doit convenir, en contemplant la ville de Paris et en traversant les provinces de la France , que Buonaparte sut imprimer à ses monuinens pa- • ' cifiques un sceau de magnificence qui n’est point indigne de ce génie k la fois élevé et profond , qui accomplit de si grands prodiges dans la guerre.

La vie intérieure et domestique de N apoléon était habilement adaptée à son rang éminent.

S’il aima les plaisirs , s’il eut des passions , elles lurent soigneusement cachées et restèrent inconnues , ou du moins elles ne se manifestèrent par aucune de ces faiblesses qui auraient pu abaisser l’Empereur au niveau des autres hommes. Sa conduite envers l’impératrice Joséphine était régulière et exemplaire. Depuis leur avènement au trône jusqu’à leur fatal divorce, ainsi que Napoléon l’a nommé lui-même, ils eurent le même appartement , et pendant plusieurs années le même lit. Onditque Joséphine causa, par sa jalousie , quelques déplaisirs à son mari , sur lequel elle avait en effet beaucoup de droits, mais qu’il les supporta patiemment , et qu’il échappa au reproche fait à tant de héros et d’honnnes de génie , invulnérables d’ailleurs^ de n’avoir pas su l’être contre les séductions des femmes. Ses amours furent passagères ; excepté Joséphine et Marie-Louise, qui exercèrent sur lui un légitime ascendant, on ne cite aucune femme à laquelle il ait laissé pren- • dre quelque pouvoir sur son esprit.

La dignité du trône était maintenue avec magnificence ; mais les dépenses limitées par cet amour de l’ordre qu’inspirait à Buonapartc son habitude des calculs mathématiques, qui contribuaient en quelque sorte à cette régularité extérieure et à ce décorum qu’il con-

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