‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 7 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

autre manière qu’en les intimidant , on ne sut pas profiter de l’occasion. Il y eut un échange de billets et de messages qui dura jusqu’au moment où les Turcs eurent complété une ligne formidable de fortifications, tandis que les vents devenant contraires ne permettaient plus même de tenter un effort pour la destruction de Constantinople, que sir Thomas avait cependant présentée comme l’alternative à laquelle les Turcs étaient réduits. L’amiral anglais repassa les Dardanelles d’une manière fort peu honorable , odieux pour les menaces qu’il avait faites, et méprisé pour n’avoir pas osé les mettre à exécution.

Une expédition dirigée contre Alexandrie n’eut pas des résultats plus heureux. Cinq mille hommes débarquèrent sous les ordres du général Fraser , et s’emparèrent de la ville sans beaucoup de peine ; mais une division qui avait ordre d’attaquer Rosette , renouvela dans cette autre partie du monde les désastres de Buenos- Ayres. Par une imprévoyance et une impéritie impardonnables de notre part, cette division se laissa attirer dans les rues étroites d’une ville orientale , où l’ennemi , qui avait garni d’hommes les terrasses et les toits des maisons , massacra aisément les assaillans sans courir presque aucun danger. Quelques autres

attaques aussi mal concertées eurent lieu pour réduire cette place ; et après avoir perdu , dans ces divers engagemens et par l’intempérie du climat , plus du cinquième de leurs soldats , les Anglais se retirèrent d’Egypte le a 3 septembre 1807. *

C’était une faible compensation de tant de revers «pie d’avoir pu prendre et garder l’ile de Curaçao enlevée aux Hollandais. Mais la possession du cap de Bonne-Espérance fut pour l’Angleterre d’une haute importance , d’autant mieux que la prise de cette place lui coûta peu de monde. Cette possession est si favorable au commerce des Anglais dans l’Inde , que nous pouvons justement espérer que jamais nous ne la céderons à l’ennemi *. De plus, à cette époque, la conduite du cabinet anglais décelait une politique irrésolue et mal calculée; les ministres montraient un grand désir de faire quelque chose, mais leur incertitude au moment d’agir était pour le moins aussi grande. Ils se méprirent ainsi sur l’importance des objets qu’ils avaient en vue et n’agirent que faiblement là où il eût fallu

1 On comprend maintenant pourquoi l'auteur a dit faire précéder d’un compliment à sa nation , ce résumé de scs non-succès en divers pays. ( Édit.)

* Aveu précieux dont nous prendrons note , pour répondre à certaines allégations. [Edit.)

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