‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 8 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

déployer de grands moyens pour parvenir au but. Si l’argent, si les braves soldats surtout, qu’on dissémina pour les diverses expéditions en Calabre, à Buenos-Ayres, à Alexandrie et ailleurs, eussent été réunis aux forces envoyées à Stralsund, et jetés sur les derrières de l’armée française avant la fatale bataille de Friedland , l’Europe aurait pu , selon toute probabilité, échapper au coup fatal et alors décisif que cette bataille lui porta.

Cette fausse politique qui avait fait échouer tous nos efforts sur le continent, depuis le commencement de la guerre avec la France jusqu’à l’époque à laquelle nous sommes arrivés, commençait alors à être rendue sensible par une triste expérience. La Grande-Bretagne ne gagnait rien par ses combats partiels , pas même quelques îles où l’on cultivât le sucre. La F rance faisait au commerce et aux revenus de sa rivale une guerre sans relâche ; et comme la résistance de celle-ci était également opiniâtre, il était évident que des deux côtés le combat serait un combat a mort. La situation des affaires réclama

des ministres anglais qu’ils osassent courir de plus grands risques , et de la nation qu’elle fît de plus grands sacrifices que ceux qu on avait

jusqu’alors exigés d’elle. Il devint évident pour

tous que le salut de l’Angleterre dépendait de

Vie »e Nap. Buom. Tome 6. »

18 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, ses propres efforts , non plus dirigés pour atteindre un but mesquin, mais bien pour concourir k tout ce qui pouvait avoir une influence marquée sur l’issue de la guerre. Le nouveau ministère comprit que les événemens se pressaient , et combien il était urgent d’agir ; ses principes le disposaient k continuer la guerre , et son intention de la conduire avec une nouvelle énergie se manifesta bientôt.

Les premiers symptômes du changement opéré dans la politique de l’Angleterre parurent dans la fameuse expédition de Copenhague , qui prouva une énergie et une détermination que l’on ne voyait plus depuis quelque temps dans les opérations militaires de la Grande-Bretagne. On ne saurait douter sérieusement que le grand moyen k l’aide duquel Buonaparte pensait imposer son système continental , et réduire le pouvoir de l’Angleterre sans coup férir, ne fût la coalition des puissances du Nord contre la supériorité maritime de la Grande-Bretagne.

C’était ce dont on l’avait menacée lorsque la guerre fut terminée avec l’Amérique , et ce que l’on avait cherché k effectuer en 1801 , lorsque ce pacte , peu naturel , fut rompu par le canon de Nelson et la mort de l’empereur Paul. Le traité de Tilsit, suivant les renseignemens que s’était procurés l’ambassadeur anglais, contenait

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