‹ Œuvres completes de SterneChapitre 106 sur 507 · CHAPITRE CXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXIII

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La collection de mon père n'éu-iitpas nombreuse; mais en revanche elle était très-curieuse. C'est annoncer qu'il avait mis beaucoup de temps à la faire, et qu'il y avait employé beaucoup d'argent. Le hasard lui avait pourtant fait trouver de temps en temps quelques bons marchés. Celui dont il s'applaudissait le plus , était de s'être procuré , presque pour rien , le fameux soliloque de Briiscambille sur les longs nez. 11 ne lui avait coûté que trois guinées, et il n'y avait pas alors trois soliloques de Bruscambille dans toute la chrétienté. Mon père jeta les trois guinées sur le comptoir du libraire, avec la promptitude d'un homme qui croit avoir fait la meilleure emplette possible. 11 serra le livre dans son sein, et ne fitqu'une course de chez le libraire chez lui, pour y déposer un trésor aussi précieux : arrivé là, oh ! quel plaisir! quel plaisir! Bruscambille était scs délices. Il l'ouvrait, le fermait, le regardait. Vous vous souvenez, cher lecteur, des doux momens que vous passiez avec votre première maîtresse. Vous étiez dans un enchantement continuel. Ainsi était mon père. Mais ses yeux étaient plus grands que scs désirs, son zèle plus grand que scs connaissances, cl

son délire se calma , et ses affections se refroidirent en se divisant. La plus heureuse des sultanes ne tarde point à être confondue parmi les autres beautés du sérail. C'est ce qu'éprouva Bruscambille. Mon père meubla ses tablettes de Prigniiz, d'Amlré Scroderta, d’Ambroite Paré, des conférences de Bouchet . Enfin il se procura le grand, le savant Hafeu- Stawkembergiut, dont j'ai tant à parler. Que pouvait espérer Bruscambilleau milieu d'une si brillante compagnie'/ un coup d'œil tout au plus.

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