CHAPITRE CXIV
Preoex*j garüe.
C'est dans cette source précieuse que mon père puisait tous les argumens qui pouvaient favoriser ses idées; mais, de tous les traités qu'il avait lus et relus , il n'y en avait point qui lui eût causé d'abord plus de peine que le célèbre colloque entre Pamphagus et Coclès, écrit par la cuaste plume du grand et vénérable Erasme. Il roulait tout entier sur la variété des longs nez, sur leur utilité, sur la manière de les mettre à profil, sur le temps d'en faire usage : le style tant soit peu bigarré de ce célèbre écrivain déconcertait de temps en temps mon père, cl lui faisait prendre une chose pour l'autre.
Et vous, à qui Satan voudrait faire niche, prenez garde, en lisant ce chapitre, que l'auteur de tout mal ne vous jette à califourchon, jambe deçà, jambe delà, sur quelque coursier rapide qui emporte trop loin votre imagina' lion. Il ne faut qu'une gambade de côté, pour vous préri piler dans quelque abime.lln rayon de soleil trop vif flétrit ainsi la plus belle fleur.