‹ Œuvres completes de SterneChapitre 109 sur 507 · CHAPITRE CXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXVII

l,a pria< de Slr*»b<Mirf * CMI«.

On respirait la fraîcheur délicieuse d’une des plus belles soirées du mois d’août, lorsqu’un étranger, monté sur une mule, entra dans la v'ille de Strasbourg. Il portait en croupe une petite valise qui renfermait quelques chemises, une paire de souliers de maroquin, et une culotte de satin cramoisi ; c’était là tout son bagage. — Halto-là , lui dit le soldat qui montait la garde à la porte ; d’où venezvous? où allez-vous? — D’où je viens, mon ami? connais-tu le Cap des Naf eh bien ! c’est de laque je viens, et je vais à Francfort. Je repasserai ici dans un mois, pour aller sur les frontières de la Tartarie-Crimée. La sentinelle leva les yeux sur l’étranger, et le regarda fixement : — Je n'avais jamais vu un pareil nex!... — Tu t’étonnes I va, il m’a procuré d’heureux hasards. — Je le crois, dit la sentinelle... — Je t’en souhaite autant.

Tout en disant cela, le cavalier, en dégageant son poignet d’un ruban noir où pendait un court cimeterre, coula légèrement un florin dans la main de la sentinelle. — Je suis fâché, dit le soldat à un petit tambour bancroclic qui était présent, que ce galant homme ait perdu le fourreau de son sabre^ Il lui en faut un absolument, et l’on est si maladroit!— Je n’en ai p.as besoin, reprit l’étranger, dont la mule allait si doucement qu'il avait tout entendu.

Je porte mon cimeterre nu, dit-il en le levant en l’air, pour qu’il soit pins tût prêt à défendre mon nez.

— Ma foi, il en vaut bien la peine, dit la sentinelle.

— Fi donc! reprit le petit tambour ban-

croche, ne vois-tu pas qne c’est un nez de carton?

— A d’autres, répliqua la sentinelle; c’est parbleu un nez comme le mien, excepté qu'il est six fois plus gros.

— Mais je l’entends qui craque, dit le petit tambour bancroebe.

— Et moi, je le vois qui rougit, dit la sentinelle.

' — Bon ! nous sommes tons les deux de grands sots de n’y avoir pas touché, nous saurions à présent ce que e’est.

Tandis que la sentinelle et le tambour bancroche se disputaient, une querelle pareille s'était élevée entre un trompette etsa femme, qui s’étaient arrêtés par hasard pour considérer le nez de l’étranger.

— Bénédiction, quel nez! s’écria la femme; il est aussi long qu’une trompette.

— Aussi est-il de cuivre, dit le trompette. — De cuivre? comme je danse...

— Oui, parbleu de cuivre, reprit le mari; on peut en juger par le bruit do ses éternumens.

— Eh bien ! j’en aurai le cœur net, reprit la femme, je ne me coucherai pas que je n’y aie mis la main.

— Oui-dà! dit l’étranger, qui allait toujours tout doucement, oui !... dit-il, en laissant tomber la bride sur le cou de sa mule, et croisant ses mains sur sa poitrine. Kon, non, poursuivit-il en levant les yeux au ciel, non, non : le monde m’a trop maltraité, pour que je laisse prendre cette conviction à qui que ce soit. J’en fais vœu ; personne ne me tâtera le nez tant qu’il me restera assez de force pour...

— Pourquoi? s’écria la femme d’un bourgmestre qui passait, suivie d’un petit laquais,

— Et vous aussi, madame, vous voudriez me tâter le...

Au reste, il ne fit pas la moindre attention à ce que lui dit la femme du bourgmestre. 11 était occupé, pendant qu’elle parlait, à faire un vœu à saint Nicolas. Son vécu fait, il décroisa ses mains, reprit la bride de sa mule, et son cimeterre suspendu, il s’achemina au petit pas dans les rues de Strasbourg, jusqu’à ce qu’enfin le hasard le conduisit à la porte d’une grande auberge, sur la place du marché, vis-à-vis d’une église.

TRISTBAM SHARDT.

lis

A peiBC l'tîiraDRer fut-il descendu, qu'il Gt mettre sa mule à l'ileurie. Il Gt ensuite porter sa valise dans sa chambre; il en tira une chemise et la mit; il en tira sa culotte de satin et lamit;il en tira la frange d'argent qui s'y ajustait, il Py ajusta; il se chaussa. Ainsi habillé, son cimeterre au poing et nu, il sortit et alla se promener sur la place d'armes.

Il en avait déjà fait trois fois le tour, lorsqu’il aperçut la femme du trompette qui venait à sa rencontre. — Oh ! oh ! dit-il, elle a des desseins... évitons-la. Il retourna sur ses pas et revint précipitamment à son auberge, remit ses habits dans sa valise et demanda sa roule pour partir.

— Je vais à Francfort, dit-il à son hôte, et vous me rcveircz d'aujourd'hui en un mois; puis, caressant sa mule et mettant le pied à l’étrier, je m'imagine, poursuivit-il, que vous en avez eu bien soin; la pauvre béte ! elle est bien fatiguée : voilà plus de six cents lieues que je lui fais faire.

— Ma foi ! dit l'aubergiste, c’est un long voyage, et à moins que l'on ait des affaires bien intéressantes... Moi .’ point du tout, répondit l'étranger, c'est la curiosité seule qui me conduit. Je voidais voir le Cap det Nez, dont j’ai entendu parler, je l'ai vu ; et vous voyez vous-même que je n'ai pas perdu mon temps, j’en ai rapporté un qui estasses beau.

Il n'avait pas besoin de le faire observer: l'hôte et l'hôtesse n'avaient pas détourné les yeux de dessus.

— Par sainte Radegonde ! s’écriait celleci en elle-même, les douze plus beaux nez de Strasbourg ne valent pas le sien ! Mon ami, dit-elle à l'oreille de son mari, conviens que c’est là un Ger nez.

— Allons donc, dit-il, es-tu assez sotte pour ne pas voir que c’est un nez postiche?

— Oh pardi ! reprit-elle, avec la permission de monsieur...

— P;irdon, madame, dit l’étranger; je vois ce que vous désirez ; mais j'ai fait vœu à saint Nicolas que qui que ce suit ne touchera à mon nez jusqu’à ce que...

Puis il piqua des deux, et partit sans dire un mot de plus.

II n'avait pas fait une demi-lieue, que tout était en rumeur dans la ville de Strasbourg.

On sonnait complies ; les cloches appelaient de toutes parts les Strasbourgeois; aucun ne les entendait. Les hommes, les femmes, les enfans couraient çà et là, pêle-mêle, allant, venant, SC heurtant, se croisant à cette porte, à celle-ci, à celle-là, à cette autre, danscette rue, dans cette place. L’avez-vous vu? Qui estce qui l'a vu? ce n'est pas moi; ni moi : qui donc?

Je n'en sais rien.

J’étais à vêpres.

Je savonnais.

Je repassais.

J'épluchais la salade.

Je portais le souper au four.

Je couchais les enfans.

C'est ainsi que toutes les commères de Strasbourg déploraient leur disgrâce, chacune sur son ton. Hélas ! je ne l'ai pas vu , je ne le verrai jamais. Je ne sais pas ce que je donnerais , dit une assez Julie marchande, pour avoir été dans ce moment la femme du trompette.

Et moi le trompette.

Et moi la sentinelle.

Et moi le petit tambour bancrochc.

Et moi l’aubergiste.

Et moi sa femme.

Et moi la bourgmestre.

Et ces cris de désespoir retentissaient dans tous les coins de Strasbourg.

Mais tandis que cette confusion régnai t dans les têtes strasbourgeoises, notre héros, sans .songer qu'il fût seulement question de lui dans cette grande ville , continuait sa route vers Francfort : ce n'était pourtant pas s:ins être agité de quelque inquiétude. Il lui échappait de temps en temps des propos interrompus qu'il tenait tantôt à sa mule , tantôt à lui-même, tantôt à sa Julie.

O ! ma Julie, s'écriait-il, ma chère et tendre Julie !

Mau va donc, cl laiue là ce chardon...

Comment un rival a-t-il pu m’enlever ce bonheur que tu me promettais et dont j'étais sur le point de jouir ?

Encore! allons, marche; tu en mangeras mieux ce soir.

Malheureux que je suis! banni de ma patrie, éloigné de mes amis, séparé de toi, fatigué, harassé...

TRISTRAH SIIANDY.

Ln peu plus vite doue, kl, kl, kl...

A quel élut suis-je rciluil? je n'ai mainlcnant pour toutes cliost's tpie deux dieniises, une paire de souliers qui ne sont pas trop bons, et ma culotte de satin cramoisi... O ma Julie ! et je vais à Francfort! pourquoi plutôt là qu’ailleurs?.. Ali ! sans doute qu'une main invisible me conduit dans tous ces détours.

Holà donc, holà! lu bulles? Par saiiil Nicolas, si lu ne rai que de ce Irain, nous ferons bien qualorzc lieues en quinze jours. Allons , m'amie, allons.

Y aura-t-il donc enfin quelque bonheur pour mol? cesserai-je d'étre le jouet de la fortune et de la calomnie? Chassé |>ar l'un , accuse par l'autre... Mais |>ourquoi ne suisje pus resté à Strasbourg? la justice, 6 Julie!...

Mais que diable as-lu donc à dresser ainsi les oreilles! eh, va, ce n'est qu'un homme qui passe.

Voilà comme l'étranger s’entretenait, chemin faisant, avec sa mule, sa Julie et luiméme. 11 aperçut une auberge et mit pied à terre. Ayez soin de ma mule, dit-il au garçon, et que l'on me donne une chambre et à souper. Le voyageur soupa et se mit au lit à dix heures précises ; à dix heures quatre minutes il ronllait d'importance.

Quelle différence à Strasbourg ! ce n'était qu'à minuit que le calme avait succédé au tumulte excité par l'apparition de l'étranger. Mais quel calme! on était couché et l'on ne dormait pas. L'abbesse de Quedleimbergb qui était venue à Strasbourg avec les quatre grandes dignitaires de son chapitre, la doyenne, la prieure, la chevecière et la première cJiunoinesse , pour consulter l'université sur un cas de conscience relatif à la fente de leurs jupes, passa la nuit fort mal à son aise.

Le nez merveilleux de l'étranger s’étant juché sur la glande pinéale de son cerveau, il remua si vivement son imagination; celle des quatre grandes dignitaires en fut tellement agitée, que ni les unes ni les autres ne purent fermer l'oeil ; pas une des parties de leur corps ne resta tranquille.

Les pénitentes du tiers ordre de Saint- François, les filles du Calvaire, les prémontrees, les clunistes, les chartreuses , et

lin

toute la gent cloîtrée qui respirait cette nuit sous les cilices, furent encore plus iui|uiétées que l’abbesse de Qiiedlcimbergh et ses quatre grandes dignitaires; elles ne firent que virer, tourner et se mouvoir dans leurs lits. On eût dit qu’elles étaient ardéesdu feu saint Antoine. Les ur.sulines furent plus prudentes; elles ne se couchèrent point.

Jamais un tel sujet d'inquiétmle et d'insomnie , jamais impatience d'en connaître la cause n’avait aussi puissamment remué les Strasbourgeois, depuis que Martin Luther avec sa doctrine avait bouleversé la ville sens dessus dessous. Ajoutez encore que l:i sentinelle, le petit tambour bancroche, le trompette et la femme du trompette, et la femme du bourgmestre, s'étaient protligieusenicnt écartés les uns des autres dans la description de ce qu'ils avaient vu. Ils ne s’étaient accordés que dans ces deux points ; c'est que l’étranger était allé à Francfort, et qu'il reviendrait dans un mois; et que, soit que son nez fût réel ou feint, il n'avait |ias besoin de cet ornement pour être riiomme le plus beau , le mieux fait , le plus honnête, le plus généreux et le plus aimable qui eût jamais passé les portes de Strasbourg. Ou l'avait vu de bien des façons, trottant sur sa mule, marchant dans la rue, son cimeterre suspendu à son poignet; on l'avait vu se promener sur la place de la parade avec sa culotte de satin cramoisi , et partout on lui avait remarqué un air si doux , si modeste, et surtout si noble. ,, Je ne suis plus fille depuis long-temps, dit la bourgmestre; mais je sais bien que si je l’eusse été , il n'aurait tenu qu'à lui de me faire courir de grands hasards.

L’abbesse de Qiiedlcimbergh et scs quatre grandes dignitaires ne purent tenir à l’impatience de satisfaire leur curiosité. L'aprèsmidi, elles envoyèrent chercher la femme du trompette. Elle courait les rues, la trompetui de son mari à la main ; il ne fut pas difficile de la trouver; elle vint; elle avait déjà dressé tout l’appareil de sa théorie.

O Athènes! qu’as- tu à coin parer à ces deux orateurs? la sentinelle et le tambour bancroche,établis sous les portes de Strasbourg, mettaient infiniment plus de pompe dans la

THISTRAM SHARDT.

relation il<‘ ce qn'ils avaient vu, que Crantor et CIirysi|ipo n'en mirent jamais dans les leçons si vantées qu'ils donnaient sous les portiques.

L'aubergiste les imitait sur le seuil de sa jKirtc , tandis que sa femme , retirée dans su l'Iiambre, ne faisait part de ce qu'elle savait qu'à des personnes mieux choisies. Enfin, les Strasbourgeois couraient de toutes parts à l'instruetion , et les Strasbourgeois fui'eut instruits.

Dès que la femme du trompette eut satisfait la curiosité de l'abbesse de yiiedleiinbergli, elle alla s’établir sur des tréteaux qu'elle lit un fait dresser sur lu grande place, et elle Ut un tort infini aux autres liar.iiigiieiirs.

Mais tandis qu'à Stnisboiirg tous ceux qui voulaient s'instruire cliercliaieiit à descendre lions le puits où lu vérité tient sa cour, les savans faisaient leurs cll'orts pour en luire sortir la déesse. Ce ii'est point aux faits qu'ils avaient recours pour la faire remonter ; ils raisonnaient. L'histoire du nez faisait jaser tout le monde; on voulait au moins deviner, si l'on ne pouvait prouver. Ceux qui se llattaient d'y mieux réussir, étaient les héros de la faculté. Ils se vantaient d'avance d'un succès assuré. Maisinalheui-cusemcnt ils dissertèrent d’abord sur les tumeurs et toutes les excroissances loupiologiqucs , etc.; et ils s'égarèrent si bien, qu'il ne leur fut plus IKissible dose rallier.

L’un d’eux cependant démontra, d’une manière très-satisfaisante, qu'une masse aussi dodue et aussi énorme de matière hétérogène n'aurait pu se former et se conglutiner sur le nez d'un enfant encore dans l'utérus, sans détruire la balance statique du fœtus. Il aurait, disait-il, nécessairement perdu son équilibre.

— J’accorde le principe , dit un autre ; mais je nie la conséquence.

— C’est bientôt dit, reprit le premier; mais TOUS ne pouvez nier que s'il n'y avait pas dès les premiers inomens de la conception une quantité suffisante de veines, d'ut^ tères, de canaux qui vivifiassent un pareil nez, il n’aurait jamais été possible qu'il pût prendre de l’aceroisseinent.

line longue ilisscrtation sur la digestion ,

la nutrition, sur ses eCfets, sur l'extension qu’elle procure aux vaisseaux , sur l’accruissement des corps musculaires, etc., etc., servit de réponse à cet argument. Un poussa même le raisonnement jusqu'à affirmer que rien n'empêchait que le nez d'un homme ne devint aussi gros que le reste de son corps.

— Quelle sottise ! réimndit un autre docteur; cela ne pourra jamais se réaliser tant que l'homme n'aur.i qu’un estom.ic et deux poumons : car enfin , si l’estomac est le seul organe que la nature ait destiné pour recevoir les alimens, pour les convertir en chyle , si les deux poumons sont également les seuls viscères qui opèrent la sanguification , il n’est pas possible qu’ils fassent plus que la nature ne l’a déterminé... Us sont d’une forme et d’une force que la nature a irrévocablement fixées ; ils ne peuvent former qu'une certtiine quantité de sang dans un temps donné, etc... de là il est évident que si le nez d'un homme était aussi gros que son corps, il s'ensuivrait que l’homme ou son nez tomberait en j)utréfaction. Le nez se st-jKirerait de rboinmc , ou riiommc de son nez : répondez à cela.

■ — Si j'y ré[)onds ! La natun^ s’accommode à tout. Eh ! sans cela , que diriez-vous d'un bon estomac et de deux cxcelleus poumons qui a|)particndraient à un homme à qui l’on aurait cou|ié les jambes et les bras? Diriezvous que l'estoinac et les poumons st‘raient diminués de force et de volume'/ Vous ne le diriez pas; eh bien! ce n’est pourtant plus là un homme, ce n’est que la moitié d'un homme tout au plus.

— Soit! mais un pareil homme doit nécesstiirement mourir d’une pléthore, d'une hémorrhagie ou de consomption...

— L'ex|iérience prouve le contraire.

— Eh ! que me fait l’cxpéricncc contre la théorie? l’expérience a tort.

Ainsi se séjmrcrcnt les docteurs de la faculté.

Lesnaturalistes,ceshommesmodestcsqui, à l’exception tl’eux-mémes, ne parlent de per^ sonne, se mirent aussi du la partie et voulurent à leur tour turpremircla naturesur le fait, en rendant compte de la longueur et de la grosseur de ce nez si fameux. Ils allèrent d'abord assez long-temps de concert dans

TltlSTRAM SUANDY.

Ifiir» rechcrelips. Ils posèrent pour principe que toutes les parties constitutivesdc l'homme étaient exactement proportionnées aux fonctions particulières qu'elles doivent avoir relativement à toute la machine. Cet axiome passa tout d'une voix et par acclamation. Mais tout d'une voix aussi ils convinrent qu'il y avait de la variation dans ces proportions. I.e correctif fut qu'au moins dans ces variations la nature ne s'écartait de ses lois primitives que jusqu’à un certain point.

Sans doute, disait-on, la nature est comme renfermée dans un cercle... Il ne s'agit que d'en déterminer le diamètre.

Tout cela était très-bien, très-savamment, très-profondément , très-philosophiquement ra'isonné; mais, quand il fallut mesurer le diamètre , ces messieurs se trouvèrent sans compas.

Les logiciens , et cela devait être , s'écartèrent beaucoup moins du sujet que les physiciens et les médecins. Ils commençaient et finissaient toujours leurs argiimens et leurs réponses par le mot même qui exprimait l’objet dont il était question. On ne pouvait pas l'oublier; et, sans une pétition de principe qui tomba, je ne sais comment, dans l'esprit de l’un d'eux, c’en était fait; la chose eût été déterminée dans une séance.

— Mais, dit-il inopinément, vous parlez d'un saignement de nez : un nez ne peut saigners'il n’y a du sang; encore faut-il qu’il y circule. yllçui,la mort n’étant autre chose qu’une cessation absolue du mouvement du s;ing... A'ejo minorcm, reprit brusquement un antagoniste. Je soutiens que la mort est la st-paration de l'ame et du corps.

— Oui?... et moi je ne suis point d’accord sur ce principe.

— Eh bien ! ne disputons point que nous ne nous y soyons mis.

La chose en resta là, et le nez ne fut pas encore expliqué |)arces messieurs.

Les gens de loi voulurent aussi résoudre la difficulté. Us n’y virent que des motifs de déployer la rigueur des lois. Commençons toujours pardécrétcrle quidam de prise decorps, et puis nous verrous.

I)e deux choses l'une, disaient-ils : ou son nez est réel , ou il est faux. S'il est réel , on

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