‹ Œuvres completes de SterneChapitre 113 sur 507 · CHAPITRE CXVlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXVlll

I>e chef-iI'tzaTrc.

Tel était le quatre-vingt-dix-neuvième des contes de Slawkembcrgiiis. 11 y en avait un centième qui terminait la dixième décade. Et quel conte ! C’était le conte des contes. Je l’ai réservé, dit Slawkembetaius, pour couronner mon ouvrage. II avait raison, c'éta it son chef-d’œuvre. L’Hibernois Mac-Don-Del avait fait une foule de contes, ornés de belles images qui faisaient vendrelescontcs.sansqucjamais les contes fissent vendre les images; mais Slawkembergius n’avait pas eu besoin de recourir à cet artifice, pour donner de la vogue aux siens. Ils se prônaient d’eux-mèmes, et celui-ci singulièrement l’emportait sur tous les autres. .\vec quels charmes il y raconte ce qui se passa lors de la première entrevue de Diégo et de Julie à Lyon ! Quel doux épanouissement de deux cœurs qui s’aiment ! Fcrnandès,qui savait combien les amans ont de choses à se dire dans ces heureux instans, les avait laissés seuls. Son absence enhardit l’un. Intimida l’autre; et le fidèle historien.

qui met à profil celle circonstance, intitule son conte : Les cmhan as de Julie et de Diégo.

Il semble annoncer par là une foule de choses que l’on peut imaginer. Slaw kembergiiis, tu es un homme bien étrange! Avec quel art tu développes ici les replis du cœur féminin ! mais malheureusement tout ce que lu dis se trouve presque perdu pour le monde entier. Il faudrait te traduire , et cela n’est pas possible pour ce dernier conte-ci. Notre langue est si pauvre ! Par exemple, comment tlonner une idée de ces soupirs qui palpitent, de ces mots entrecoupés qu’on retient et qui s’échappent? Ah! vous savez, madame, combien il est difficile d’exprimer le ton et les alfections de ce langage! Pour moi, j’y renonce.

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