‹ Œuvres completes de SterneChapitre 16 sur 507 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Avii aax hlalonen».

Je n’épargnerai rien pour tenir ma parole. Je soupçonnais que le contrat de mariage de ma mère renfermait un point capital qui était essentiellement nécessaire  cette histoire; et j’ai voulu le relire avant de la continuer. Je n’y ai pas perdu mon temps : ma cnriosité s’est satisfaite, et celle do lecteur n’y perdra pent^unrnen non plus. Ce que je craignais, c’était d’en avoir pour un jour ou deux à lire, avant de trouver ce qu’il me fallait. Je suis heureusement tombé d'abord sur ce que je voulais savoir, et j'ai dû m’en féliciter. A quelles peines ne s'expose point en effet un homme qui se met à écrire l'histoire? Ne fùt-ce que celle du Petit-Poucet; il ne sait jamais les obstacles et les embarras qu’il pourra rencontrer, ni les détours qu’il sera obligé de prendre, ni les digressious qu’il sera forcé de faire. Un historien ne va pas droit en avant, comme un coniricr qui marche sans détourner la tête ni à droite ni à gauche, et qui vous dirait, à une heure près, en partant de Rome, combien il emploierait de temps pour aller à Lorcite. La chose ici n'est pas praticable. Un historien a cinquante écarts à faire sur sa route, tantôt avec une faction , tantôt avec une autre : il n’en est pas sitôt débarrassé, que des vues, des perspectives politiques se présentent à ses yeux et l'anêtent : il faut nércssairmient qu’il

les examine. D'ailleurs combler n'a-t-il pas l)i' relations à concilier.

D'anecdotes .à i-ecueillir.

D'inscriptions à déchifl'rer.

De particularités .à remarquer.

De traditions à éplucher.

De personnages à caractériser.

D’éloges à débiter.

De pasquinades ô publier ?

Lecourricr est exempt de tout cela; mais un malheureux historien est encore obligé, à chaque pas qu’il fait, d’examiner des archives, des registres, des actes publics, des chartes, des généalogies sans Gn; et l’équité exige de lui qu’il lise tout. Les peines qu’il est obligé de prendre sont prodigieuses. J’en peux juger par celles que j'ai déjà essuyées. J'ai déjà passé six semaines à ma tâche. Je me suis hâté le plus que j’ai pu ; et tout ce que vous savez de mon histoire, est le temps où je suis né. Vous ignorez encore comment cela est arrivé ; c’est, si je ne me trompe, vous annoncer que mon ouvrage n’est pas près de sa Gn.

Ces obstacle^ inattendus, que je ne préquand j’ai commencé, et qui, au lieu de diminuer, vont pciit-étrese multiplier àchaquepasqueje ferai, m’ont fait venir une idée. C’est de n’aller que tout doucement dans la carrière que je me suis prescrite, et de ne donner que deux volumes de ma vie tous les ans. Encore y mets-je pour condition , qu'il faudra que je fasse un bon marché avec mon libraire : et quel est l'écrivain qui ne sache pas que c'est presque là la chose impossible?

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