CHAPITRE CLXXIII
Eolr'actc*.
Si cet ouvrage était une farce , ce qu’à Dieu ne plaise , à moins qu'on ne veuille dire avec Rousseau :
Ce B'Mt ^‘uae «ottc Malque;
si cet ouvrage , dis-je , était une farce , ce serait le cas de fiiire disparaître les acteurs pour un moment , et de faire jouer les violons.
Tous les regards, toutes les oreilles se portent vers l'orchestre. Chacun y déploie ses talens. On s'accorde, on n'est pas d'accord. On part, on va sans mesure. Le maître de musique lyappe du pied , marque les temps. Peu à peu les traîneurs arrivent; et les petits défauts, comme les petits agrcmens de l’exécution totale, sont couverts par le bruit du parterre.
Le parterre I descendons-y pour un moment , je vous prie.
Premier interiocuteur. Que dites-vous de ce dernier acte?
Second inierlocuteur. Pitoyable!
Premier. Vous avei bien raison : on n'y comprend rien.
Second. Bon I est-ce que l'auteur s’est compris Ini-roéme?
Premier. Aucun plan, aucune méthode.
Second. Nulle connaissance de l'art dramatique.
Premier. Que dites-vous des caractères?
Troisième interlocuteur. Pour moi , j’aimerais assez celui de l'oncle.
Second. Fi donci un vieux fout et puis si
bétc j'aimerais mieux le père. Au moins
il est instruit et II parle bien.
Premier. Vous moquez-vous? la plupart du temps il ne sait ce qu'il dit. Quant au caporal...
Second et troisième. Oh I noos vous l'abandonnons.
Premier. Eh bien I Je l'abandonne aussi.
Troisième. Que pensez- vous de la mère?
Second. Ma foi! c'est une femme de bon sens, et celle qui dit le moins de sottises.
Premier. Oui , parce que c'est elle qui parle le moins.
Troisième. Pas mal trouvé I eh bienl je m’en tiens à madame Shandy.
Premier. Et moi aussi.
Second. Et moi aussi.
Premier. Sifflons les autres a mesure quTs paraîtront.
Second et troisième. De tout mon cœur.
Et bien, messieurs, il fàut vous en donner le plaisir : les voilà qui reviennent.