CHAPITRE CLXXXVII
La TrUlrapMk.
— < Le premier devoir d'un écrivain , Yonck , . dit mon père quand il fut réveillé , c’est de ne rien avancer sans preuve ; autrement , et s’il se livre a tous les écarts de son imagination , son ouvrage ne sera qu’un amas bizarre de faits et d'idées sans liaison , dont l’assemblage sera monstrueux.
c Mais dans ma TrUtrapédie , je pose en fait que je n’ai pas avancé un seul mot qui ne soit aussi clair et aussi démontré qu’une proposition d’Euclide.Va, Trim, va me chercher ce livre sur mon bureau. J’ai souvent eu le projet, continua mon père , de le lire, tant à vous, Yorick , qu’à mon frère Tobie ; et je crains même d’avoir manqué à l’amitié en différant aussi long-temps. Mais , si vous le voulez , nous en lirons un ou deux chapitres aujourd’hui , autant demain , et ainsi de suite, jusqu’à ce que nous l'ayons achevé . > Mon oncle Tobie qui était la complaisance mémo , et Yorick qui était sans fiel, approuvèrent par une inclination ; et le caporal , quoiqu'il ne fût pas compris dans le compliment, mit la main sur sa poitrine, et salua comme les autres. »
La compagnie sourit. — « Ce garçon , dit Yorick, paraissait avoir envie de dormir. — Le pauvre diable, dit mon oncle Tobie, a été si fort occupé tout le jour au boulingrin ;
et moi-mème je ne sais comment cela
s'est fait, mais je sois bien sûr que cela ne nous arrivera plus. > En même temps mon oncle Tobie alluma sa pipe. Yorick rapprocha sa chaise de la table , Trim moucha la chandelle, mon père ranima le feu, prit le livre, toussa deux fois, et commença.