‹ Œuvres completes de SterneChapitre 182 sur 507 · CHAPITRE CCIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCIH

Haliair.

Quand le cataplasme fut prêt, iin scrupule de iUrorum s'éleva liors de projos dans la conscience de Suzanne, sur cc qu’elle aurait à tenir lu cliandclle pendant le panseinent.Slop n'avait pas coutume de ménager les caprices de Suzanne; et la querelle s’établit promptement entr’eux.

— c Ail ! ah ! ditSIop, eu jetant un coupd'uiil familier sur le visage de Suzanne, vous laites la prude ! mais je vous connais, madeinoisetie. — Vous me connaissez, monsieur ? s’écria Suzanne dédaigneusement, et avec un air de tête qui s’adressait évidemment , non pas à la profession, mais à la personne du docteur, vous me connaissez ’i* répéta Suzanne. Le docteur Slop se boucha le nez , comme pour dire que la réputation do Suzanne n’était pas en bonne odeur. A ce geste, la bile de Suzanne s’allume.. — Vous en avez menti, s’écria Suzanne. — Allons, allons^ sainte modeste , dit Slop , tout fier du succès de la botte qu’il venait de porter, s’il en coûte trop à votre pudeur de tenir la chandelle en regardant, qui vous empêche de la tenir en rermanl les yeux? — C’est là une de vos défaites papistes, dit Suzanne. Le bel expédient ! — .Ma belle enfant, dit Slop en hochant la tête, ne méprisez pas si fort les expédiens; vous pourriez en avoir besoin tout comme une autre. — Insolent! s’écria Suzanne, a|> proche, si tu l’oses. Je t’en défie, continua-telle, en relrous-sant les manches de sa chemise jiisqu’aii-dessiis de son coude.»

Il était impossible à deux peisionnages de procéder ensemble à une opiiralion de eliinirgie. avec une cordialité plus colérique.

SIU.Mlï.

Slop s’empara du caUiphasmc. Suzanne se saisit de la chandelle.. — Approche loi-même, dit Slop. Suzanne feignit un mouvement sur la gauche ; et, portant bnisc|uement sa chandelle a droite , elle mit le feu à la perruque du dorteur, laquelle étant fort grasse et fort touffue, fut consumée en entier avant d’être bien allumée. — Catin ! salo|ie ! s'écria Slop ( car la passion nous rend comme des liêtes féroces), catin fieffée que vous êtes! s’écria Slop avec le cataplasme à la main. — Allez, allez, dit Suzanne, je n’al jamais rogné le nez de personne, et vous n’en sauriez dire autant. — Que veut-elle dire avec son nez? s’écria Slop. — l'n nez est un nez, dit Suzanne.— Eh bien ! voilà ])our le lien, s’écria Slop, en lui lançant le catapl.ismc à la face. — Et voilà pour le vôtre , s’écria Suzanne , en lui rendant son compliment avec le reste du cataplasme. >

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