CHAPITRE CCVI
Ne jofeoBe p«s ai file»
Il y a, monsieur, mille résolutions importantes, soit dans l’église, soit dans l’état, aussi bieq, madame, que dans leschosesqui nous regardent plus personnellement, que vous jugeriez avoir été prises d’une manière étourdie, légère et inconsidérée, et qui pourtant ont été pesées et repesées, examinées , discutées, disputées, revues, corrigées et considérées sous toutes leurs faces, avec un tel sangfroid , que le dieu du sang-froid lui-méme (s’il existe) n’aurait pu ni mieux désirer ni mieux faire.
Si nous eus.sions été cachés, vous on nuii, dans quelque coin du cabinet, nous serions forcés d’en convenir.
Telle était la résolution que prit mon père de me mettre en culottes.
Comment! monsieur , cette résolution prise en un moment, avec humeur, ompoi^ tement même, et qui semblait une espèce de défi à tout le genre humain?...
Eh bien ! oui , madame , cette résolution elle-même. A pprciiezqu’un muisaup,aravant elle avait été raisonnée, débattue et approfondie entre mon père et ma mère, dans deux dilTérens lits de justice, tenus exprès pour ce sujet.
J’expliquerai la nature de ces lits de justice dans le prochain chapitre; et dans celui d’après, je vous supplierai , madame , de vouloir bien me suivre , et vous tenir cachée dans la ruelle de ma mère. Là, vous entendrez comment mon père et elle débattirent l’affaire de mes culottes, et vous pourrez vous former une idée de la manière dont ils débattaient les autres alTaircs.
TRISTRAM SDANnT.