‹ Œuvres completes de SterneChapitre 245 sur 507 · CHAPITRE CCLXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXIV

TBISTHAM SIIANbY.

luiilu lu politesse cl le sérieux d'un bomme bien élevé. Jumais révérence ne m'a autant déconcerté.

I Le diable emporte la gravité de ces genslà, dis-je à part! ils ne comprennent non plus l'ironie que... »

La comparaison était encore à côté de nous avec ses paniers sur le dos. Mais je n'aime pas à dire des vérités trop dures. Au moment où je regardais l'ànc.sa bonhomie me rendit la mienne et arrêta ma langue; je n'achevai pas la comparaison.

— « Monsieur, dis-je après m'être un peu recueilli, mon intention n’est pas de prendre la poste. >

— I Mais il ne tient qu'à vous, dit-il, pei^ sistant dans sa première réponse. Personne ne s'oppose à ce que vons preniez la poste. — Ma volonté, dis-je, s’y oppose. >

— € Eh bien ! celle du roi est que vous n'en payiez pas moins. >

— c Bonté du ciel ! > m’écriai-je.

e Hais je voyage par eau, je m'embarque sur le RhÂnc à midi , mon bagage est dans le bateau, je viens de payer neuf francs pour mon passage. >

— I C'est égal, c'est tout un , > dit le commis.

— « Bon Dieu ! quoi ! payer pour la roule que je prends et pour celle que je ne prends pas ! >

— I Cest égal, » répondit le commis.

— t Cest le diable, dis-je. Mais j’aime mieux être enferme dans dix mille Bastilles que de...

t O Angleterre ! Angleterre ! m’écriai-je, • en tombant à genoux, comme je commença’is l’aposiruphe: tu es le pays de la liberté et le climat du bon sens ; tu es la plus tenib^ des mères, et la meilleure des nourrices ! »

Le directeur de la conscience de madame Lebbnc survenant en ce moment, et voyant un homme vêtu de noir, aussi pile que la mort, paraissant plus pâle encore parle contraste de son habit, et dans rallilude d’un homme qui prie, me demanda si je n'avais pas besoin des secours de l’église.

• Hélas, dis-je! j’ai besoin des secours de la justice, et je vois bien que je ne les obtiendrai jamais avec cet homme-ci. >

CHAPITKE CCLXV.

|,« p«ix r»t faUe.

Voyant que le commis delà poste voulait décidément avoir scs six livres quatre sous, tout ce qui me restait à faire était de lui dire quelque chose d’assez piquant pour valoir u peu près mon argent.

Voici donc comment je m'y pris.

— < Dites-moi, de grâce, monsieur le commis, par quelle courtoisie, et en vertu de quelle loi, vous traitez un pauvre étranger sans défense tout justement à rebours d'un Français? »

— t J'en suis bien éloigné, » me dit-il.

— « Pardonnez-moi, dis-je, monsieur, vous avez commencé par déchirer mes culottes, et à présent vous me demandez mes poches. Au lieu que si vous aviez d'abord pris mes poches, et que vous m’eussiez ensuite laissé aller sans culottes, je n'aurais rien à dire.

f Mais la façon dont on me traite est contraire à la loi de nature, contraire à la lui de. raison, contraire à la loi de l'Ëvangile. >

— < Mais non pas contraire à ccci,> dit-il. en me présentant un ppicr imprimé.

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