‹ Œuvres completes de SterneChapitre 247 sur 507 · CHAPITRE CCLXVl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXVl

TablcUet perdar».

Quoique je sentisse bien que tout ce que j'avais dit au commis pouvait valoir ses six livres quatre sous, j’étais pourtant déterminé à faire note de cet impèt sur mes tablettes avant que de quitter la place. Ainsi, je mis la main dans la poche de mon habit pour chercher mes tablettes. Mon aventure peut servir d’avis aux voyageurs à venir de prendre un peu plus garde aux leurs... les miennes n'y étaient plus.

Jamais aucun voyageur désolé n’a fait pour ses tablettes, autant de train et de carillon que j’en Gs pour les miennes.

— € Ciel! terre! mer! feu! m’écriai-je, appelant tous les élémens à mon secours , on m’a volé mes tablettes! que vais-je devenir? Monsieur le commis, de grâce, mes tablettes où étaient mes remarques, ne les aije pas laissées échapper tandis que nous causions ensemble? >

— € Quant aux remarques, dit-il, vous en avez laisse; échapper un bon nombre de fort extraordinaires. — Bon! dis-je, vous n'avez rien vu. 11 n'y en avait que pour six livresquatre sous. Maisles autres? (il secoua la tête.) Monsieur I Æblanc, madame Lcbla ne, n’avez-vous pas vu mes papiers? La fille, courez dans ma chambre. François, suivezlà. Il faut que j'aie mes tablettes. Ce sont, m’écriai-je, les tablettes les plus précieuses, les plus sages , les plus ingénieuses. Que faut-il que je fasse? de quel c6té dois-je me tourner? »

Sanebo Pança , quand il perdit ses provisions et son âne , ne s'affligea pas plus amèrement.

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