‹ Œuvres completes de SterneChapitre 264 sur 507 · CHAPITRE CCLXXXVU · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXXVU

Dcftcription topographique.

Ees destinées, qui avaient certainement prévu tout ce qui concernait les amours de la veuve Wadman et de mon oncle Tobie, avaient depuis la création de la matière et du mouvement (et même avec plus de courtoisie qu'elles n'ont coutume d'en mettre en pareil cas), avaient, dis-je, établi une chaîne de causes et d'effets liés si étroitement ensemble , qu’il était presque impossible que mon oncle Tobie eût habité et occu|ic une autre maison et un autre jardin dans tout le monde entier, que la maison qui touchait à la maison , et le jardin qui touchait au jardin de mistress Wadman. Ce voisinage , joint à la commodité d'un gros arbre creux et touffu , placé dans le janlin de la veuve , et sur la palissade de mon oncle Tobie , fournissait à l’aimable veuve toutes les occasions que son goût pour les opérations militaires pouvait désirer. Elle pouvait observer tous les moiivemens de mon oncle Tobie, et assister à scs conseils de guerre. Et mon oncle Tobie, dont le coeur était sans défiance , ayant permis au caporal (à la sollicitation de Brigitte) de pratiquer en osier une porte de communication pour prolonger les promenades de mistress Wadman, mistress Wadman se trouvait maîtresse de pousser sesapproches jusqu'à la porte de la guérite, et quelquefois même (par pure reconnaissance du procédé de mon oncle Tobie), de former son attaque et d'assaillir mon oncle Tobie au fond même de sa guérite.

TR1STDAM SHARDT.

CHAPITRK CCLXXXVin.

Divertet f«fou de brdlcr la ebaodclle.

C‘esl une vérité triste, mais qui ii'en est [tas moins ronstanle. Il esl prouvii, parloutos les oliservalions journalières, qu'iiii homme peut , ainsi qu'une eliamlelle, être brûlé par l’un ou par l’autre bout; j’entends pours'U qu'il ait une mé<die sulTisante, sinon tout est ilit. J'entends encore qu'on ne rallumera pas eu bas; car, comme en ce cas la Ibimme s’éteint ordinairement d’elle-méme, tout est encore dit.

Quant à moi, comme je ne saurais supporter l'idée d’étrc brûlé comme un sot , si l'on me laissait le choix sur la manière d’étre brûlé , je voudrais qu'on m’allumât par en haut, afin de pouvoir brûler décemment jusqu’à la bobèche; c’est-à-dire de la tète au coeur, du cœur au foie, du foie aux entrailles, et de là, par les veines et les artères mésentériques, à travers toutes les sinuosités et les insertions latérales des intestins et de leur tunique , jusqu’au boyau que l'on appelle aveugle ou cæcum.

— « Je vous prie, docteur Slop, dit mou oncle Tobie (en l’interrompant au moment qu’il prononçait le mot cæcum , le soir que ma mère accoucha de moi), je vous prie, dit mon oncle Tobie, apprene/.-iiioi ce que c’est que le cæcum ; car , tout vieux que je suis , j’avoue que je ne sais pas encore où il est situé. >

— < Le cæcum, répondit le docteur Slop, est situé entre l’ilium et le coium. >

— • Dans un homme, » dit mon pè're?

' — «Et dans une femme aussi, > dit le docteur Slop.

— < Je ne m’en doutais pa$,> dit mon père.

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