CHAPITRE CCXC
Relique de non oocle Tobie.
On conçoit aisément que mistress \V:idman variait ses attaques , à l’exemple de tous les généraux dont l’histoire fourmille, et par les mêmes motifs qu’eux; un observateur de l’ordre commun aurait eu peine à les reconnaître pour des attaques réelles , ou tout au moins n’en aurait pas senti les différences ; mais ce n’est pas pour ces gens-là que j’écris.
Je reviendrai un jour à ces attaques; mais ce ne sera pas de quelques chapitres; et aloi-s je verrai à mettre un peu plus d’exactitude dans mes descriptions. Tout ce que j’ai à dire en ce moment sur ce sujet , c’est que , dans une liasse de papiers originaux et de dessins que mon père avait rassemblés, il y a un plan de Bouebain parfaitement conservé , et que je conserverai soigneusement , tant que je serai en état de conserver quelque chose. Sur un des coins d'en bas, lUa main droite,
TUSTBAH SRàRST.
OD voit encore les marques de tabac d’un pouce et d’nn premier doigt : or, il y a tout à parier que ce ponce et ce premier doigt sont ceux de la veuve Wadman, d'autant que le coin opposé, qui sans doute était celui de mon oncle Tobie, est sans la moindre Lâche. C’est assurément là un acte authentique d’une de ces attaques. On aperçoit vers le haut de la carte les vestiges de deux trous presque effacés, mais encore visibles; or, cestroiu) sont évidemment ceux des épingles qui attachaient la carte dans la guérite.
Par tout ce qu’il y a de sacré, j’estime plus cette précieuse relique avec scs stigmates, que toutes les reliques souvent apocryphes qu’on montre aux badauds; exceptant toujours, lorsque j’écris sur ces matières, les pointes qui entrèrent dans la chair de sainte Radegondc dans le désert; pointes merveilleuses, que les religieuses de Cluny font voir à tous les passons , pour l’amour de Dieu.
CUAPlfRE CCXCl
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— € Voilà, dit Trim , tout ce que j’y peux faire. Les fortifications sont entièrement rasées , et le bassin de Dunkerque est de niveau avec le môle. Avec la permission de monsieur, je pense que tout est fini. — Je le pense de même, répondit mon oncle Tobie, avec, un soupir a demi étouffé; mais va, Trim , va dans la salle chercher les articles du traité ; ils doivent être sur la table. >
— < Us y ont Clé pendant plus de six semaines , dit le caporal ; mais ce matin la servante les a pris pour allumer le feu. i
— I Tout est donc Gni, Trim, dit mon oncle Tobie! la cour n’a plus besoin de nos services! — O ciel! dit le caporal, tout est Gni! > En disant ces mots, il jette sa bêche dans la brouette avec l’air du désespoir le plus expressif qui puisse s’imaginer ; puis, se retournant lentement, il ramasse sa pioche , sa pelle, scs piquets, et tout le reste de ses ustensiles militaires; et il se disposait à emporter le tout hors du boulingrin, quand un
hélas partit de la guérite, et, se glissant ù travers une petite fente du sapin, vint fr.ipper son orpilie du son le plus lamentable : il s’arrêta tout court.
— f Non , dit le caporal en lui-méme , je n’en ferai rien à l’heure qu’il est; il vaut mieux attendre à demain matin , avant que monsieur soit levé, pour que monsieur n’en voie rien.» Le caporal prit sa bêche dans sa brouette, avec un pende terre dessus, comme s'il eût eu à combler un petit trou au pied du glacis , mais réellement pour se rapprocher de son maître et tâcher de le distraire. Il leva une motte on deux , les tailla , les façonna avec sa bêche; cnGo il s’assit aux pieds de mon oncle Tobie, et commença ainsi.