CHAPITRE CCCXll
Il b^ûlc.
— I Elle ne peut pas , caporal , dit mon oncle Tobie, faisant halle quand ils lurent à
nUSTRAM SHAHOT.
vingt pas de la porte de mistress Wadman , | elle ne peut pas s'en offenser. >
— I Non plus, dit le uipocal, que la veuve du Juif à Lisbonne ne s’offensa de la visite de mon frère Thomas. >
— < Et comment la prit-elle? > dit mon oncle Tobie, se retournant vers le caporal.
— < Monsieur connaît, répliqua le caporal , les malheurs de Tom; mais ceci n’y a aucun rapport , sinon que le pauvre Tom n'avait pas épousé la veuve ; ou si Dieu eût permis qu’après leur mariage ils n’eussent mis dans leurs saucisses que de la chair de porc , le malheureux n’aurait pas été enlevé dans son lit et traîné à l’inquisition. — C’est une épouvantable chose que l’inquisition, ajouta le caporal; quaud une fois un pauvre homme y est renfermé , monsieur sait bien que c’est pour sa vie. >
— < Hélas! oui, dit mon oncle Tobie d’un air rêveur , et les yeux Gxés sur la porte de la veuve Wadman. •
— « Et qu’y a-t-il d’aussi affreux qu’une éternelle prison ? Qu’y a-t-il d’aussi doux que la liberté? -— Rien an monde , Trim , > dit mon oncle Tobie toujours d’un air rêveur. >
— € Tant qu’un homme est libre, » s’écria
le caporal Et eu même temps il lit avec
son bâton le moulinet par dessus sa tête , à peu près en cette manière :
Un million de syllogismes les plus subtils de mon père n’en aurait pas dit davantage en faveur du célibat.
Mon oncle Tobie jeta un regard pensif vers sa chaumière et son boulingrin.
I-e caporal, avec sa baguette, avait imprudemment évoqué l’esprit de calcul : il se dépêcha de le conjurer, en poursuivant son histoire en manière d'exorciitne, lequel ne se trouve dans aucun rituel que je connaisse.