CHAPITRE CCCXVI
Contre* ma relie.
— « Tontes les femmes, continua Trim, en commentant son histoire, depuis la première jusqu’à la dernière, aiment la plaisanterie. La difficulté est desavoir celle qui leur convient; et, pour le connaître, il n'y a d'autre moyen que de faire quelques essais; de même qu’avec une pièce d’artillerie on élève ou on rabaisse la culasse, jusqu’à ce qu’on donne dans le blanc. i
— • Je goûte cette comparaison, dit mon oncle Tobie, encore plusque la chose même. »
— «Parce que monsieur, dit le caporal, aime mieux la gloire que le plaisir. >
— « J’espère , Trim , répondit mon oncle Tobie, que j'aime l'humanité au-dessus de
tristham sbanoy.
tODt; et, comme la science des armes tend évidemment au bonheur et au repos des hommes, et que la branche surtout de cet art, dans laquelle nous nous sommes exercés ensemble au boulingrin, n'a pour but que d' arrêter les entreprises de l’ambition, et de retrancher la vie et la fortune du plus faible, contre l'invasion et le pillage du plus fort, toutes les fuis que le tambour se fera entendre, je me flatte, caporal, que l'un et l'antre nous aimons trop l'humanité et nos frères, pour ne pas nous armer et voler à leur secours. »
En disant ces mots mon oncle Tobie sc retourna, et marcha Gèrement comme à la tête de sa compagnie. Et le Gdèle caporal portait son bâton à l’épaule et frappait de la main sur le pan de son habit pour marcher en seconde ligne derrière son maître, le long de l'avenue qui les ramenait chez eux. »
— f Que diantre se passe-r-il dans leurs deux cabocbes?s’écria mon père àma mère.
Sur ma parole, ilsassiégentmistressWadman en forme; et ils font le tour de sa maison pour marquer la ligne de circonvallation. »
— t J'ose dire, » répliqua ma mère...
Mais un moment, mon cher monsieur. Ce
que ma mère osa dire, ce que mon père osa lui répondre, enGn leurs demandes, leurs réponses et leurs répliques, seronteertainement lues, relues, discutées, commentées, paraphrasées par la postérité, mais dans un chapitre à part. Je dis: par ta potlérili, et je le répète . Qu'a fait mon livre pour ne pas surnager sur l'abimc des temps avec l' Éloge de la Folie, le Conte du Tonneau, et tant d'autres?
Mais pourquoi jeter de si loin les yeux sur l'avenir? Ah! fermons-les bien plutét. Le temps vole et détruit tout. Chacune des lettres que je trace me dit avec quelle rapidité In vie suit ma plume. Nos jouruées et nos heures ( plus précieuses, ma chère Jenny , que ces rubis qui brillent à ton cou) s'envolent sur nos tètes comme ces nuages légers que chasse l'aquilon et qui ne reviennent plus. Tout disparait, tout se détruit. Ces cheveux que tu prends soin d’arranger sur ton front; regarde,.... ils blanchissent sous
ta main. Et chaque baiser que je te donne en te quittant, chaque absence qui le suit, est le prélude de cette séparation éternelle qui nous attend bientét.
Ciel! ô ciel! prends pitié de ma Jenny, prends pitié de celui qui l’aime.