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VUVAUE SE^TIII£.>TÀL.
|>erdu , et ses enFans et sa feninic. — Votre maître ne le saura jamais , mes amis ; allezs'ous-en, ralmcz le chagrin de Jacques, et dites-lui bien que je ne suis point en colère. Adieu; soyez tranquilles, je suis content.. .• Je rendis la joie à l'ami de Jacques et à celui qui était venu avec lui. Leurs yeux et leurs gestes m'exprimaient leur reconnaissance avec plus d'éloquence qu'un orateur de la chambre des communes n'en met à attaquer un ministre en place. Je sortis avec eux; je ne trouvai plus mon hôte : mais Lafleur venait m'avertir qu’il était temps d'aller diner chez madame G..., où j’avais promis d'aller il y avait deux jours... i Monsieur veut-il un carrosse'!’ me dit Lafleur: vous en irez plus vite. — Oui , dis-je : et ce ne sera pas pour y être plus tôt, mais pour jouir do l'émotion que je viensd'avoir...) J'ai déjà dit que mon ame aimait le repos, lorsqu'elle était animée par sa propre sensibilité ou par celle des autres. Lafleur revint dans l’instant. < Voilà, dil-il , le carrosse. » J'y montai , je ne voyais plus que Jacques. Il a souITcrt, me disais-je ; il sera rentré chez lui hier au soir sans plaisir, ses enfans l'auront embrassé; il leur aura ouvert les bras : mais son ame aura été fermée à la joie ; sa femme aura pressé ses joues ; mais son cœur n'en aura rien senti. Ah ! ma Lisette , conçois-tu bien tout le mal qu'on me ferait, si on m'enlevait à la tendresse et au charme qui me pénétrera , lorsque mon cœur sera près du tien, lorsque ta main sera dans la mienne. Je t'ai fait mal , Jacques; je t'ai privé de la plus douce consolation que la nature ait donnée à ses enfans... J'en étais là lorsque le carrosse s':irrëta. Lafleur vint ouvrir la portière : < Mon ami, lui dis-je, il faut que tu soulages mon cœur; il est opprimé |»r ce qu'a souifert Jacques. — Et où est Jacques? quel est-il, quel mal a-t-il? — Ëcoutez-moi, Lafleur : vous êtes un bon garçon, vous avez pitié des malheureux... > Le visage de Lafleur, ejui était toujours épanoui , commençait à prendre une teinte de sensibilité ; sa tète se baissait , et il semblait me remercier de le connaître si bien et de le lui dire. < Oui , mon ami, il nous faut secourir un malheureux : je suis cause qu'il a souffert; ce Jaccpies est un ouvrier qui a
cassé le couvercle d’un de mes deux vases
de marbre — Et cela a mis en colère
monsieur contre lui? Je vais, je cours lui dire que vous n’étes plus fâché, > et Lafleur courait déjà. Je le saisis par le bras : «Ecoutez-moi, mon ami : je n’ai point vu Jacques; il craignait trop, il était trop affligé pour paraître...— Le pauvre malheureux! disait tout bas Lafleur. — Il m’a envoyé son ami. Oh ! la bonne ame que cet ami ! il souffrait autant que Jacques. Il m’a dit que si je me plaignais à leur maître, Jacques en mourrait, qu’il serait renvoyé, et que, s’il n’avait plus d’ouvrage, il serait perdu et toute sa famille. — Il a une femme ! me dit l.afleur avec attendrissement... — Oui, I^afleiir, et quatre petits enfans que son travail fait vivre. — Oh! monsieur, monsieur, reprit Lafleur , il faut que nous délivrions Jacques de son malheur. — Cest bien mon intention. Mon ami, il faut que tu ailles le trouver; tu lui diras que je ne suis point fâché contre lui , mais que j’ai du chagrin de ce qu’il a souffert; • et en disant cela, je tirai ma bourse ; < Tiens, Lafleur, voilà douze francs que tu donneras à ce pauvre Jacques; cela fera du bien àsa femme... — La bonne femme, disait Lafleur; elle aime sûrement son mari, c'est un si brave homme! — Oui, dis-je, il est pauvre, il est sensible, il a des enfans... ,> et je soupirais en prononçant ce dernier mot... • Ce n’est pas tout, Lafleur, il faut que vous alliez chercher l’ami de Jacques, que vous le liriez à part. — Oui vraiment, dit I.,afleur; il faut que le maître ne sache rien de tout cela. — Vous lui direz que ce monsieur chez qui il a été ce malin, a été si content de la manière dont il a demandé grâce pour son ami , qu'il lui envoie six francs pour boire et pour l'engager, non seulement à défendre son ami , mais à ne jamais accuser scs camarades. — Oui , oui, monsieur; votre commission va être faite. Jacques ne sera plus malheureux : son ami, sa femme, vous, moi, nous serons touscontens. J'embra.sserai sa bonne femme , je verrai scs petits enfans; je cours et je reviens... » Que je me sentis soulagé par le peu de bien que je venais de faire ! je me sentais encore doucement ému parla boulé .active de I>:ifleur... L'hounète
VÜTAGE SEimUENTAL.
créature ! disais-je. Pourquoi la Providence ne l’a-t-clle pas placée dans la classe des hommes qui peuvent secourir et soulager leurs semblables , et dont la plupart ont le coeur inaccessible aux malheureux? En disant cela , je me trouvai dans l’antichambre de madame G... Bon ! disais-je, j'en dînerai mieux, je serai de meilleure compagnie:
mon pauvre Jacques va être content; et j'entrai dans la chambre où il y avait dix ou douze personnes qui dinaieut tous les mercredis chez madame G...