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PRÊKACE.
Sterne nvail bcaucuiipd'énulitiim ; U |>a$sn les deux tiers de sa vie à étudier , et il avait près de quarante ans , lorsqu'il écrivit son premier ouvrage.
Il s’agit maintenant de quelques lettres échappées à cet homme de génie : qu'on ne soit pas surpris du ton passionné qui règne dansqnelques-unes. Tous les sentimensd’alfection SC confondaient dans son amc , et n’y conservaient aucune nuance dislincle : l'amitié y prenait aisément la forme de l'amour ; c'est-à-dire qu'il éprouvait pour une amie ce qu’il aurait senti pniir son amante : c’étaient les mêmes épanchemens , les mêmes transports et les mêmes peines. On le verra dans scs lettres écrites à mlslress l'Tisahelh Draper, épouse de M. Daniel Draper , à présent chef de la factorerie anglaise à Surate, homme estimable et trèsconsidéré dans cette partie du globe. Élisa , trop délicate pour résister nu brûlant climat de l’Inde , vint en Angleterre respirer l'air natal ; le hasard lui procura la connaissance de Sterne : il découvrit en elle un esprit si bien fait pour le sien , si doux et si tendre , qu'une espèce de sympathie les rapprocha et les unit de l’amitié la plus vive et la plus
pure qui ait jamais existé. Il l'aimait comme son amie , il inelUiit son orgueil à la nommer sa pupille , et à la diriger par ses avis : santé , licsoins , réputation , tous les intérêts d'Éliza lui devinrent personnels; scs enfans furent les siens, et il lui eût fait volontiers le sacrifice de son pays , de ses biens et de sa vie , si ce sacrifice eût pu contribuer à son bonheur. Atis.si leurs lettres sont pleines des pins tendres expressions d'amour, mais de cet amour qu’on a nommé platonique, et traité de chimère : j'aime à le voir exister , et que Sterne en soit le modèle-
On remarquera peut-être que ces lettres ont différentes signatures : ici Sterne . là Yorick, et plusieurs fois ton Braminc. Tout le monde sait que les bramines forment la principale caste jju tribu des Indiens idolâtres , et que c’est dans cette caste que sont ces prêtres si fameux par leur vie austère et leur enthousiasme. Ainsi il convient d'observer que, comme M. Sterne était prébendaire d'Yorck, et qn'Éliza habitait dans les Indes , elle avait pris l'habitude de l’ap|x;ler son Bramine, et celui-ci prenait quelquefois ce titre dans la signature de ses lettres à cette dame.