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LETTRE II

ÉLIZA A YORICK

Mon Bramine ,

J’ai reçu votre Voyage Sentimental... J’admire le pouvoir de votre imagination ; elle a réveillé des sensations en moi, dont je ne me croyais pas capable... Vous me rendez fière, et TOUS me faites aimer ma propre sensibilité.

J'ai mouillé de mes larmes vos pathétiques pages... mais c’étaient des larmes de plaisir;

mon cœur découlait, pour ainsi dire, de mes yeux... Oh ! vous avez excité tous les nobles sentimens de mon ame.

La route que vous suivez est la plus simple pour reculer les bornes de l’entendement humain ; vous persuadez la raisonen touchant le cœur... Les plus grands éloges qu’un auteur puisse recevoir, sont les soupirs et les larmes de ses lecteurs... Combien d’éloges de ce genre ne vous ai-je pas donnés !

Je vous prie, si vous m’estimez, de ne point

me flatter Je suis déjà si vainc ! et la

louange d’un homme de sens est trop dangereuse.

Je suis, dans la plus graude étendue du mot, votre amie,

ÉLtZA.

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