CHAPITRE XXXVIII
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Ecrire ne diffère de la conversation que par le nom, surtout quand on ménage cet art comme je le fais. Un homme de bon sens ne
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(lit jnmais ce qu’il pense en causant, et un auteur qui connaît les limites de la décence, et de la politesse, sait aussi où il doit s'arrêter. Il doit respecter la pénétration et le jugement du lecteur, et lui laisser toujours le plaisir d'imaginer et de deviner quelque cliose. Je déleste un livre qui me dit tout, et l’on voit Idenque j’écris le mien d'après ma manière lie penser. J’ai toujours soin de laisser à l'imagination de ceux qui me lisent, un aliment propre à la soutenir dans une activité qui égale la mienne.
C'est à présent leur tour. La chute du docteur Slop, les circonstances qui la précèdent et la suivent, sa triste apparition dans la salle, en voila assitz pouraiguillonner l'imagination du lecteur.
Il peut, par exemple, s’imaginer que le docteur Slop a conté son histoire, qu’il l'a contée avec toute l'emphase, tonte l'exagération que son esprit lui a suggérées. Il peut aussi supposer qn’Obadiah n’a pas oublié la sienne, et qu’il en a fait le rétàt avec un chagrin affecté, quoiqu’il eût la plus grande envie de rire. Il peut mettre ces deux ligures en pendant l’une vis-à-vis de l’autre. D’un côté, il peut s’imaginer que mon père est :dlé voir ma mère. Enriu, pour conclure ce travail de l'imagination, il peut se figurer qu'il voit le docteur Slop lavé, frotté, vergeté, plaint, et chaussé d’une paire d'escarpins d’übadiah, et marchant déjà vers la porte, tout prêt à opérer.
Mais trêve ! trêve ! arrêtez, docteur Slop ! N’allez pas plusioin ! Suspendez f impatience de votre main avide ! Remeltez-la .sans façon sous votre veste pour la tenir chaudement. Vous ignorez les obstacles, vous ne savez point les causes secrètes qui retardent l'opé'ralion que vous êtes empressé de lui faire faire. Vous a-t-on, docteur Slop, vous a-t-on ilit une clause sacrée du traité solennel qui vous amène ici '! Savez-vous qu’on vous préfère en ce moment, une des filles de Lucine 't Cela n'est que trop vrai ; etd'aillcurs, que pouvezvous faire '! Voyez, regardez, tâtez, fouillezvous. Vous avez oublié tous vos outils. Votre tire-tête, votre forceps de nouvelle invention, votre petite seringue, que sais-je 1 Vous n’avez rien apporté, ’l'om cela est dans le sac
vert qui est suspendu au chevet de votre lit entre vos deux pistolets....
— • Ciel ! tene ! mer ! s’i'cria mon père, et que venez-vous donc faire? Frère! vite le. cordon, sonnez Obadiah, et qu’il aille les rhercher au grand galop, sur le cheval de carrosse.
L’emportement de mon père se calma un peu. Dépêche-toi, Obadiah, dit mon père, dès qu’il le vit. Je te donnerai une couronne à ton retour. — Je fen donnerai une autre, dit mon oncle Tobie, va vite. — Oui, dit le docteur Slop, la chose presse.