‹ Œuvres completes de SterneChapitre 424 sur 507 · SERMONS CHOISIS · texte numérisé non relu

SERMONS CHOISIS

PRÉFACE

Cet termoni tant lorlis tout irtlaiu de mon coeur ; je voudrait que ce pkt là un litre pour pouvoir let offrir an lien..,. Let aulrei toni torlit de ma lile, et je tuit plut indi/férenttur leur réception. C’est ainsi que Sterne caractérise lui-méme ses sermons dans sa première lettre à Éliza, et leur lecture confirme l'idée qu’il en donne. On ne voit plus en effet ici l’auteur de Tristram Sliundy enjamber son dada, galoper fantastiquement d’une idée à l'autre, et parcourant un horizon qu’il se plait à reculer, se dérober à la vue du lecteur, qu’il aime à tromper. C’est un philosophe chrétien qui médite les Écritures, et qui en extrait avec finesse une doctrine pure, autant amie de la religion que de l’humanité. Tout y respire la paix, la piété et la philanthropie.

Si son imagination trop vive pour être longtemps modérée, s’échappe et se fivre à quelques saillies étrangères ù la dignité de la chaire, son cœur sensible vole aussitôt après elle pour la réprimer, la ramener, et tempérer cette gaité par l’onction de sa morale. Met lermont, disait-il, ton! det Itonttardt qui frappent lettement un coup à droite et d gauche; matt on let verra loiijourt être let auxiliairet de la vertu. Cette plaisanterie sentie définit l'ouvrage ; elle seule eût dû servir de préface.

On ne donne que quinze sermons panni les quarante-quatre imprimés en Angleterre ; on ne pouvait faire un choix plus étendu sans tomber dans le défaut si souvent reproché aux éditeurs, d’accumuler indifféremment tous les ouvrages d'un écrivain, et d'étouffer son génie sous un amas qu’il désavouerait s'il vivait. Ces sermons furent écrits sans prétention pour instruire les paroissiens confiés aux soins de Sterne. La célébrité qu’il acquit dans la suite excita le zèle intéressé de ses imprimeurs, et servit de passe-port h tout ce qu’ils s’empressèrent de ramasser, pour profiter de la faveur qu’on attachait à un nom connu. Le traducteur doit être plus sobre que les éditeurs.

Cette traduction est littérale, malgré les leçons du purisme. Peut-on traduire Sterne autrement sans le défigurer? Un moraliste, un historien , sont rendus souvent par des tournures équivalentes, parce que leur mérite est dans les choses qu’ils écrivent ; mais, quand celui d’un auteur original consiste plus dans sa manière que dans sa matière, c’est cette manière qu'il faut constamment imiter; c’est alors qu’il faut craindre qu’û force de polir une traduction, un coup de lime portant û faux, n’aplatisse un trait saillant, ii’elfacc l’empreinte de l’originalité précieuse au lecteur. Les Anglais ont craint de

n'ntlro Montaigne m(*connaissal)Ic on 1c traduisant. Iæs mots noiivoauit et les tournures hardies, même dans sa langue, sont notés en lettres italiques.

Ce n'est pas qu'en prescrivant de traduire littéralement un ouvrage original, il faille le faire, comme dit Montaigne, A coup de dictionnaire. Si le mot propre n'est pas inspiré par le génie présent de Sterne, il est inutile de le chercher ailleurs que dans cette inspi-

ration. Il n'est p.as dans nn dictionnaire, et le froid a glacé le tradiieteur dans l'intervalle de ses recherches. Il faut enfin méditer et sentir Sterne pour le traduire : tout autre moyen est insuffisant.

Si l'on veut connaître plus au long le jngemcntsingulierque cet écrivain portait sur ses sermons, on peut recourir à la digres.sion plaisante qui se trouve à la fin de l'histoire de Lefèvre.

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