SERMON PREMIER
• Il en ett qui duent ; Qui mus montrera les
< tiens que nom désiromf Seigneur, lu as
< empreint sur nous un îles rayons de Ion
• visage. > Psaume 4, V. 5 et 6.
L'objet de la poursuite de l’bomme est le bonheur. C'est le premier et le plus ardent de ses désirs. Dans toutes les positions de sa vie il le cherche comme un trésor caché; il le poursuit sous mille formes diverses. Mille fois trompé, il persiste encore, court, arrête tous ceux qui se rencontrent sur ses pas, et leur demande ;Oli! qui de vous me montrera le bien que je désire? qui me guidera dans cette recherche ? qui me conduira vers le but de tous mes vœux?
L’un lui dit de le chercher parmi les plaisirs de la jeunesse, dans ces scènes vives et joyeuses, où le bonheur préside toujours, et où il le reconnaîtra sans peine au rire et à la joie qu'il verra éclater dans tous les yeux.
L’n second, d’un aspect plus grave, lui désigne ces palais coûteux, bâtis par l’orgueil et la folie. Il lui apprend que l’objet de ses recherches y fait son séjour, que le bonheur y vit en société avec les grands, au milieu de la pompe et du luxe ; qu’il le reconnaîtra à la variété de ses livrées et à la magnificence des meubles et des équipages dont il est environné.
L'avare sourit en secret à ce discours ; il lève les yeux an ciel et le bénit. S’étonnant qu’on veuille égarer ainsi volontairement le malheureux voyageur et le jeter dans un vain tourbillon, il le tire à part. Là il lui apprend que le bonheur n'habita jamais avec l'extravagance, mais qu'il se plaît sous le toit fru-
gal du sage qui connaît le prix de l’argent, et qui sait le ramasser pour une occasion imprévue : que ce n’est pas l’or prostitué devant les passionsqui constitue la félicité, mais plutôt sa parcimonie, le pins bel attribut de i’idole devant qui brûle chaque jour l'encens des hommes prosternés.
L’épicurien rectifie cette erreur en le jetant, s’il est possible, dans une erreur plus grande. S’étant convaincuqu’il n’existe d’autre bonheur que celui des sens, il y rappelle le voyageur, et lui dit : Vainement tu le chercheras ailleurs qu’où l’a mis la nature, dans la satisfaction des goûts qu’elle a créés. Si mon opinion t'est suspecte, appelle-s-en à ce roi sage qui nous a assurés qu’il n’y a rien de medleur dans la vie que de manger, boire, et se réjouir dans scs œuvres.
L’ambition l’arrête comme il va éprouver cette doctrine facile, le prend par la main, et le conduit dans le monde. Elle lui montre les royaumes de la terre et leur gloire ; elle lui révèle les divers moyens d’augmenter sa fortune, et de s'élever aux honneurs. Elle étale uses yeux les charmes enchanteurs du pouvoir, et lui demande s’il existe sur la terre un bonheur égal à celui d’être caressé, flatté, courtisé, suivi.
La philosophie enfin le trouve courant rapidement et avec fracas dans sa carrière bruyante ; elle le saisit et lui remontre que, s’il cherche le bonheur, il est bien loin de la voie (|ui y conduit; que le dieu, depuis longtemps exilé du tumulte des cours, a choisi une solitude éloignée du commerce des hommes, et que, s'il veut le trouver, il doit, laissant les intrigues, rétrograder vers une retraite paisible, où des amttsemens simples et des livres instructifs ont fixé la félicité.