SERMON IV
< Et dam le lempi qu'il n’y arail point de c roii liant hraël, il arriva qu’un Lé- • vite qui habitait d’un côté du mont c Ephraîm, prit avec lui une concub’me.t Juges, l!l.
Une concubioe! oui, mes frères; mais observez que le texte rend raison de la conduite qui vous parait étrange : dant le iempt qu’il n’y avait point de roit dam Jtraël; ce lévite usant alors du droit commun , vous dirai-je, fit ce qui parut bon à scs yeux, et sa concubine, ajouterez-vous, imita cette liberté, car, aprèt l’avoir maltraité, tUe l’en alla.
Le scandale et la honte vont donc partir avec elle I partout où elle va chercher un asile, la main de la justice fermera brusquement sans doute la porte à sa rencontre? Non, elle s’en alla à Bethléem dam la maison de son père , où elle séjourna quatre mois entiers. •
Oh ! le bienheureux intervalle pour méditer sur la fragilité et la vanité des plaisirs de ce monde ! Je vois le saint homme à deux genoux, les mains attachées sur sou cœur et les yeux levés vers le ciel, remerciant le Très-Haut de ce que l'objet qui avait si longtemps partagé son affection, venait par sa fuite de le résigner à son cuite.
Non, mes frères, ce n'est point encore cela, et le texte sacré nous dépeint bien différemment la situation du lévite.
c II SC leva, nous dit-il, il prit son esclave f et deux Anes, courut apr^ sa compagne
< fugitive pour lui parler amicalement et
< la ramener chez lui ; elle le conduisit dans • la maison de son père, et dès que celui-
< ci l'eut aperçu, il se réjouit de l'avoir rent contré.»
Quel groupe sentimental ! diront ici les critiquesdii siècle : et c'est ainsi que les commentateurs, mes chers frères, parlent de tout. Faites l'esquisse de l'histoire la plus innocente, et cédez un instant votre pincean à la pruderie, ou à la mauvaise humeur, elles finiront votre tableau avec des traits si durs, et un coloris si sidc , que l'honnéteté et la candeur rougiront à son aspect.
Esprits vertueux, qui ne savez èU^s rigides interprètes que de vos propres défauts, je ' m'adresse a vous, à vous avocats desintéressésdu malheureux qui se méprend. Pourquoi ne veut-on pas imiter votre bonté?
Combien de fois avez-vous répété que les actions d'un homme ne sont pas toujours un motif pour le condamner ; qu'elles sont environnées de mille circonstances qui ne se présentent pas à la première vue; que les ressorts qui l'ont poussé sont profondément cachés; que, parmi la foule des malheureux qui sont à chaque instant cités au jugement du public , il en est mille dont l'esprit seul a péché, et qui ont été mal interprétés; que, pour ceux dont le cœur a erré, la force des passions qui les ont excités, les difficultés qui les ont enOammés, l'attrait de l'objet qui les a captivés, et peut-être même les combats de la vertu avant sa défaite, peuvent les faire utilement recourir de la sévérité de la justice au jugement de la pitié?
Arrêtons-nous encore un moment à l'his-