‹ Œuvres completes de SterneChapitre 438 sur 507 · SERMON VII · texte numérisé non relu

SERMON VII

dans tous les temps; ce point coûte sans doute davantage à ces riches épicuriens qui convoquent tons les arts autour de leur table, et qui SC livrent tellement à leurs appétits mortifiés, que leurs festins de jeûne les punissent plus par les excès que par les privations.

On pourrait pousser plus loin la comparaison , mais ce que nous avons dit suffit pour montrer combien les méprises sont illusoires et dangereuses; combien elles sont propres à égarer et à renverser des esprits faibles, toujours prompts à se laisser surprendre à la pompe facile des cér«‘monies. Cela est si évident que, dans notre Église même, dont la sobriété en celte partie est connue, et qui n'en a conservé que ce qui sert à exciter cl à entretenir nos adorations, on remarque un tel penchant vers la religion sensuelle, et une faiblesse si grande pour les cérémonies dans le commun du peuple surtout , que chaque jour mille prennent l'ombre pour la substance , et changeraient volontiers la réalité pour l'apparence.

Tels élaicntlcsabilsdcl'Églisejuive, faute de savoir distinguer les moyens de la religion

même; la partie physique et cérémoniale avait enfin dévoré la morale, et n’en avait laissé que le squelette. Les boulTonneries de la superstition viendront un jour à bout de ruiner le christianisme même.

Que me reste-t-il à vous dire? Rectifiez , mes frères , ces méprises grossières et ridicules , cl placez la religion sur sa véritable base, en la ramenant vers celte raison primitive qui nous dicta ses premières obligations. Souvenez-vous que Dieu est un esprit et qu'il lui faut un culte conforme à sa nature : Adorei-te en c$prit cl en vérilé; le plus parfait sacrifice que vous puissiez lui offrir est celui d'un cœur droit et humilié; quoiqu'il soit nécessaire d'observer les cérémonies de la religion, il ne faut pas, comme le pharisien, en rester là et en omettre les devoirs essentiels, mais se rappeler toujours que les pratiques instrumentales auxquelles nous soniines obligés ne sont qu'un pur mécanisme qui nous conduit au grand but de la religion , celui de purifier nos cœurs , conquérir nos passions, et nous rendre en un mut meilleurs chrétiens et meilleurs citoyens. Ainsi soit-il !

LA

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