‹ Œuvres completes de SterneChapitre 439 sur 507 · PHILANTHROPIE RECOMMANDÉE · texte numérisé non relu

PHILANTHROPIE RECOMMANDÉE

SERMON VllI.

■ Lequel des trois , selon vous , est le prochain

• de celui qui est tombé entre les mains des

• voleurs? El il répondit: Celui qui a eu

t pitié de lui. Alors Jésus-Christ lui dit ;

< Ailes, et faites comme lui. • Saint Luc,

36 et 37.

L'évangéliste nous raconte dans les derniers versets de ce chapitre , qu’un homme de loi vint, et tenta lésus en lui disant : Maître , que dois-jc faire pour hériter de la vie éternelle? Notre Sauveur {c'était son usage quand on lui proposait quelque question captieuse, qu'il sentait procéder plutôt du désir de l’embarrasser que de celui de s'instruire), notre Sauveur, dis-je, nu lieu de lui répondre directement, ce qui eût donné prise à la malice , ou tout au moins eût satisfait une impertinente curiosité, rétorqua immédiatement la question sur celui qui la faisait, | et le mit dans la nécessité de se répondre à lui-méme. La profession de cet homme, et la science qu'elle faisait supposer , ne pouvaient faire penser qu’il ignorât la réponse qu'il sollicitait. Tout ce qu'il était possible de dire sur cette matière importante avait été promulgué par le grand législateur, et Jésus rappelle à sa mémoire ce qu’il .avait appris dans le cours de ses études : Ce qui est écrit dans la loi , l'acei-vous lu ? A cette demande, l'homme de loi cita les principaux chefs des commnndemens, tels qu'ils sont dans le Lévitique et le Deutéronome, et nommément celui-ci : Vous adorerez le Sci-

I qnetir votre Dieu de tout votre cœur , et aimerez votre prochain comme vous-même.

Notre-Seigneurlui dit alors qu'il avait fort bien répondu, et que, s'il suivait cette maxime, il ne manquerait pas d'hériter un jour des bénédictions qu’il désirait. Faites cela et vous vivrez.

C’est ainsi qu'il se justifia ; mais l'homme de loi voulant gagner plus de crédit dans celte conférence , ou espérant peut-être entendre une définition du mot prochain , qui pût justifier ses principes, les oppressions dont il était coupable , et celle dont son oi> dre était accusé , dit à Jésus : Qui est mon prochain ? Quoique cette demande au premier coup d'œil paraisse oiseuse, clic ne l’est pas en effet. Car , selon que ce terme est interprété dans un sons plus ou moins restreint, il produit diverses variétés dans nos obligations envers les autres. Notre Sauveur, pour rectifier toutes les méprises, et placer le devoir de l'amour du prochain dans un système de philanthropie universelle, répondit à cette question, non point avec les sophismes recherchés de l'école rabbiniqiie, qui eussent plutôt interdit que convaincu l’homme de lui ; mais il en appela directement à la nature humaine , dans une parabole où il représenta un homme tombé parmi des voleurs, et réduit par eux à la dernière détresse , jusqu'à ce que , par hasard , un Samaritain, un étranger passant auprès de lui, louché de compassion, et |)lein de bonté, non seulement le secourut présentement, mais le prit sous sa protection , cl pourvut à sa sûreté.

SERUOÜ vni.

En finissant ce récit, Jésus-Christ, s'adressant an propre cœur de cet homme : Lequel des lroit,telonvou$,e$t le prochain de ce malheureux voyageur? Et, au lieu de tinT luiméme la conséquence, il la laissa à cet homme , après l'avoir foudée sur les principes évidens de la pitié? L'homme de loi, frappé de la vérité et de la justice de celte doctrine, fit l'aveu de sa conviciiou, et notre Sauveur finit le débat en l'avertissant de pratiquer ce qu'il avait approuvé, et d'imiter le bel exemple de bienveillance universelle qu'il venait de lui donner.

Je vais suivre ce même plan , et je vous demande , mes frères, la jtermission de faire sur cette parabole les réflexions qui s’élèvent dans mon esprit : je conclurai comme notre Seigneur, par une exhortation à l’humilité et à la bienfaisance ; elle tombe naturellement du sujet.

Un voyageur, dit notre Sauveur, allait de Jérusalem à Jéricho ; il tomba parmi des voleurs qui le dépouillèrent et le laissèrent à moitié mort. Il est en nous un instinct qui nous engage à prendre part aux accidens auxquels les hommes sont exposés , quelque cause qui lésait produits; mais quand ils arrivent sans la moindre faute ou la moindre indiscrétion du malheureux qui les essuie, ils portent alors un caractère si intéressant, que d’abord ils nous deviennent propres ; ce n'est pas même par la réflexion ; mais nous nous trouvons tout à coup disposés par la générosité et la tcndres.se à la compassion ; elle est dégagée de tout motif personnel. Oui , sans aucun acte de notre volonté, nous souffrons avec celui qui soulfre, nous sentons sans savoir pourquoi , notre coeur oppressé du poids de l'infortune dont nous sommes spectateurs. Mais , lursc|ue la scène s'cnsauglanle, quand les circonstances du malheur deviennent compliquées, notre esprit est alui's retenu captif, il ne peut faire aucune résistance quand il le voudrait, il est livré aux tendres émotions de la pitié, et aux réflexions profondes de la douleur. (Juand on considère la partie aimante de notre naturel , sans regarder au delà , il est imjrossible qu’un homme spectateur de la inisi're, ne se trouve p.as attaihé aux inté-

rêts de celui qu’elle dévore; je dis impossible , et il y a pourtant des êtres... Comment les décrirai-je? Ils sont formés d'une matière si impénétrable , l’égoïsme les a enduivris graduellement à un tel point d'insensibilité, qu’ils semblent ne pas participer à la nature humaine , et n'avoir aucune connexion aven notre espèce. Dieu nous en donne deux tristes exemples dans la personne d'un prêtre et d'un lévite, qu’il nous représente passant auprès de l'infortuné voyageur sans lui tendre la main pour l'assister, ou lui dire un seul mol pour adoucir scs peines.

Un prêtre vint là par hasard. Dieu de bonté! un ministre de ta religion a pu manquer d'humanité ! un homme dont la tête était remplie des vérités de la première , a pu avoir un cœur vide de la seconde ! Tel est cependant le cas présent. Quoiqu'il soit pénible dans la théorie de supposer que la moindre prétention à la piété, et la violation d'un de ses premiers devoirs , se trouvent ensemble dans le même individu, ce personnage dans le fait n’est point fantastique.

Jetez un regard sur le monde. Combien de fois y verrez-vous un malheureux , dont le cœur resserré n’a jamais été ouvert à l’affliction des hommes; il se c.ache sous l'apparence de la piété , et se rouvre du vêlement de la religion , vêtement que personne n'a droit de porter, si ce n'est l’homme mist-ricordieux. Voyez avec (|uclle sainteté il marche vers la fin de ses jours, dans le chemin que l'égoïsme lui a tracé ; il ne se tourne jamais vers sa droite ni vers sa gauche ; mais altcntif à ses pas , il attache sa vie entière sur le sol qui le [lorle; il semble craindre de lever les yeux de peur d'apercevoir par malheur quelque cho.se qui le détourne de la ligne droite que l'intérêt prolonge <levant lui; s'il rencontre par hasard un objet de <lélres.se, qui le menace d’un t s*«-t n-ireil . semblable a l'homme de l'Evangile, il passe dévotement de l'autre côté, comme s’il voulait se préserver des impressions de la nature , ou éviter les iiiconveniens auxquels la pitié pourrait le conduire.

Il ne manque qu'un trait à ce Uihleait de l'homme impitoyable, pour le rendre totità-fait odieux , et Jésus-Christ va I tichever.

SERUON III.

Vutreile, fxismiil eu l el cmli uii, tupprocha de hii.illercgnidii.Ce nVlait pas un roiipd'iril i-apiiln , pfl'ol (In la nrRlifçenro Pld’iin niomml criiiconsidiM alion , faiilo dniit 1rs nioilleiii's caractèivs sont qiiciqiipfois alleinls, cl qui 1rs nirne an delà du pninl où ils anrairnt

voulu s’arrêlrr. Pion rc l'rBai'd , an con-

Irairr , aggravait nii acte delibrre d’iiisrnsiliililr; il proredait du coeur le plus endurci, yiiaiid il fut auprès de lui, il le regarda, cl roiisidrra ses iiiforluiies ; il donna à la nature et à la iiiison le iriiips de s'éveiller, il vit le danger inmiineiit du pauvre voyageur, la nécessité pressante de le secourir dans un accident qui réclamait liautcmenl son aide , et après tout cela , il se tourna et le laissa à sa détresse et à son amiction.

Dans toutes les actions semblables à celle. ci , les hommes 1rs plus mrclians rendent au moins lioiniiiageârhumnnilé.cns'elTurçantdc garder les apparences autant qu'ils peuvent. yuel(|ues crimes dont ils se rendent coupables, ilsonl toujours à oiïrir quelques motifs vrais ou faux pour salisrairc leur conscience et le monde; et bien souvent, Dieu le sait, pour en imposer à tous les deux. Il serait inléi’cssanl de donner ici quelques conjectures sur ce qui se passa dans le cœur du lévite, cl de montrer par quelle tournure de casuiste il s'arrangea avec sa conscience en approrliaiit le voyageur, et romiiirnt il garda tous les passages que la pitié |K)iivait se frayer jiisi]u'à son cœur; mais il est pénible de séjourner aussi lougtrinps sur celte partie désagréable de la parabole : liùtons-uous vers sa conclusion ; elle est si aimable , qu'on ne . peut pas aisément être stérile en ses réflexions.

L'n Samaritain, dit notre Sauveur, en passant par la, s'approcha delui, eldès qu'il l'eut u|>erçu, il en cul pitié. 11 vint, |Kinsa ses blessures avec du vin et de l'huile, le mil sur son cheval, le conduisit vers une hôtellerie , et y prit soin de lui. Il est à peine nécessaire de vous rappeler que les Juifs n'avaicnl aucun commerce avec les Samaritains. D'anciennes querelles de religion , les pires de toutes les querelles, avaient semé nne telle zizanie enlr'eiix, qu'ils se tenaient mutuellement dispensés non seulement de tous

les ilevüirs de l'auiilié, mais encore des actes les plus comimius de la civilité et de l'humanité. Telle était, du vivant de Notre-Seignetir, la force de ce préjugé, que la femme de Samarie sembla étonnée que Ini, Juif, demandât de l'eau à elle Samaritaine : d'après ces principes, quelque pitoyable que fût l'accident de rinfortunc voyageur , quelque ferveur qu'il eût en plaidant devant son cœur la cause dit la pitié , il avait fort peu de seeotirs et de cunsolalion à attendre de ce côlé-là.

< llél as! pouvait-il dire, deux fois on a I passé à côté de moi, j'ai été négligé par t des gens de ma nation et de ma religion,

< par des gens astreints par Uint de devoirs

< a me secourir; un prêtre et un lévite, à I qui leur profession prescrivait 1a pitié , et

< que leurs connaissances enseignaient à me

< secourir, m'ont laissé sans aide; que dois- « je espérer'/ que dois-je attendre d'un pasf s;inl,d'un étranger, d'unSamaritain enfin,

< délié de toute obligation envers moi , en-

< flammé au contraire d’une haine nationale

< et mortelle contre moi , mou ennemi , et • plus empre.ssé sans doute de se réjouir de

< mon infortune que de me tendre sa main « pourm'cndéUvrcr?!

Ce monologueest naturel, mes frères; mais les actions de l'homme généreux et compatissant déconcertent tous les petits raisonnemens qu'elles occasionnent. l,a véritable charité, telle que l'apôtre nous la décrit, va SC manifester ici. A l'instant que le pieux Samaritain aperçut sa détresse, toutes les passions ennemies qui, dans un autre temps, se seraient élevées dans son cœur, s'en allèrent, l'abandonnèrent. Il oublia son inimitié, il déracina tous les préjugés que l'éducation avait plantés et nourris en lui, et à leur pbee tout ce qui est bon éleva sa voix en faveur de finforluné.

Dans de tels caractères, les impulsions ilc la pitié sont si soudaines, qu'elles ressemblent à celles qu'on excite snr un instrument de musique obéissant à la touche ; les objets laits pour imprimer ce premier mouvement font un effet si instantané que l'on croirait que la volonté n'y a aucune part, et que la sympathie, émue [larla bonté, estsimplemcul

SEIIJIOM riii.

passive. L’amc, en de telles occurrences, est tellement ravie et emporu^e, elle sc pénètre si profondément de l’objet de la pitié, qu’elle ne fait aucnne attention à ses opérations : elle n a pas le temps d’examiner les principes qui la font agir. Quelque soudaine que nous soit représentée l’émotion du Samaritain, ne croyci pas cependant que ce fut un mouvement mécanique. Elle dérivait d’un principe (l’humanité et de bonté agissant en loi : ce principe influa non seulement sur cette première impulsion, mais il se perpétua avec elle dans tout le reste de sa conduite édifiante.

Comme il est si doux de regarder dans un bon cœur, et de tracer tout ce qui s’y passe en pareillerencontre,jcvous demande la permission de m’arrêter un instant pour considérer comment le principe agitdans celui du bon Samaritain.

Il s’approcha de la place où le voyageur malheureux était étenclu, et à l’instant qu’il l’aperçut, sans doute, il fut saisi par ces réflexions :

( Grand Dieu ! quel spectacle affreux est ( devant moi! un homme dépouillé de ses ( vétemens,... blessé,... couché languissant « sur la terre,... prêt à expirer, sans avoir

• un ami pour le secourir dans son agonie, « ne pouvant pas espérer qu’une main favo- « rallie ferme ses yeux quand il ne sera plus ! t Mais peut^tre mon ame se taira-t-elle ( quand je réfléchirai sur la manière dont je ( dois me comporter avec ce malheureux : il c estJuif...jc suis Samaritain... Ah ! nesom- « mes-nous pas tous les deux des hommes ? t Notre nature n’est-elle pas la même ? ne « sommes-nous pas sujets aux mêmes maux?

< Changeons de condition un instant; si ce

< lot me fût échu dans mon voyage, qu’au-

< rais-je attendu à sa pl.aee? Aurais-je désiré

< qu'en me voyant blessé, demi-mort, il eût ( fermé à mon aspect ses entrailles, qu’il

< eût doublé le poids de ma misère en pas-

< sant auprès de moi sans en avoir pitié?

• Mais je suis un étranger .à l’ég.ard de rot « homme,... soit. Suis-je étrangeràsa condi-

< tion?Les infortunes ne sont pas particu- ( lières à une nation, à une tribu : elles ap-

< partiennent à toutes, elles ont un droit uni-

< versel sur tous, sans distinction de climat.

( de pays ou de religion. Je suis un étran-

• ger ! mais ce n’est pas sa faute si je ne le I connais point, et il est injuste qu’il ensonf-

< fre. Si je le connaissais, peut-être aurais-je « une juste raison de le plaindre, de l’aimer I davantage ; peut-être, homme d’un rare ( mérite, la vie, le bonheur des autres dé- ( pendent de la sienne ; peut-être à cet in- ( stant où il git oublié dans l’infortune, toute ( une famille joyeuse attend-elle joyeuset ment son retour, et compte-t-elle avec une ( affectueuse impatience les heures de son ( retard ! Uh ! s’ils savaient le malheur qui ( lui est arrivé, comme ils voleraient à son ( secours ! Que je me hâte de suppléer à ces I tendres devoirs, en pansant ses plaies, et le I conduisant dans un lieu desûreté. Si mon € assistance vient trop tord, je le consolerai « du moins dans sa dernière heure, et si je ( nepuis rien faitedcplus,j’adouciraisesin-

• fortunes, en laissant tomber une larme de

< pitié sur elles. >

Le bon Samaritain eut sans doute ces pensées, sa conduite généreuse nous le fait augurer, et Jésus-Christ nous le représente animé d’un zèle fraternel, et plein de la sollicitude tendre d’un père qui, non content de pourvoir aux besoins présens du voyageur, regarde plus loin encore, et avise à ce que rien ne lui manque quand il sera parti, et qu’il ne pourra plus le secourir.

Je n'ai pas besoin d’autres argumens pour vous prouver combien sont profondes les racines que la pitié a jetées dans le cœur de l’homme, que le plaisir que nous prenons à assister à un pareil spectacle. Quelques philosophes ont eu beau peindre la nature humaine avec d’autres couleurs (et à quel but? je l’ignore) , la réalité combat tellement leurs systèmes, que, d’apres le penchant naturel qui nous porte vers un malheureux, nous exprimons cette sensation par le mot humanilé, comme si elle était inséparable de nous. Dans la première prtie de ce discours, j’ai semblé croire le contraire en adressant quelques reproches aux égoïstes qui ne paraissent prendre aucune part à rien, si ce n’est à ce qui les concerne, et cependant je suis persuadé, pour rendre justice à notre nature, qu’un homme s’est fait une violence extrême.

SEnvoN vin.

rl a suiiHi'i'l plus d'iin combal piWiible, avant il'i'lro panemi à ce dcgrà d'insi-nsibilild.

OI)Sflrvc7. que le priilre passa de l’aulre rôle; il eût pu passer, me direz-vous, à côté du malheureux voyageur sans tourner la tête ; non. Un acte d'inhumanité est toujours acrompagne d'un blûme seeret, dont les mé- ( hans ne peuvent pas triompher ; tel homme, eomme celui-ci, peut commettre un acte de barbarie, qui, an même instant, rougira en vous regardant en face; il est forcé de détourner ses yeux avant d'avoir le courage d'exécuter son projet. Que l'homme est une créature inconséquente ! en faisant le mal, il ne peut refuser son suffrage à ce qui est bon et digne de louange.

J'ai assez parlé sur la première partie de cette parabole, et je viens à la seconde, en vous exhortant, ainsi que notre Sauveur exhorta l'hommede loi, d'alleret de fairecomme le Samaritain. Mais j'ai été si abondant dans mes réflexions sur cette histoire pieuse, que j'ai in.sensiblement incorporé avec elles tout ce que je pourrais vous dire en faveur d'un exemple aussi aimable: c'est ainsi que j'ai anticipé la tâche que je m'étais proposée. Je ne vous retiendrai donc plus que par une seule remarque sur le sujet en général. La voici: Il est notable, dans plusieurs passages de la Sainte-Écriture, que Nolrc-Scigncur, en nous dé|)cignnnt le jour du jugement, le fait de telle manière, que ses grandes recherches

doivent principalement .se rapporter à l’exercice de la miséricorde, comme si notre sentence finale devait être prononcée exactement sur son m<-pris ou l’observation de cette vertu, t J’avais faim, et vous m’avez donné â manger; j'avais soif, et vous m',avez donné â boire; j'étais nu, vous m'avez habillé; j’étais malade, vous m'avez visité ; j'étais captif, vous êtes venu à moi. • N'en induisez pas cependant que le juge clairvoyant ne |)Tcndra garde àaucuncautre bonne ou mauvaise action; mais il veut vous apprendre nommément qu’un caractère bienveillant et charitable est un témoignage qui atteste la présence de toutes les vertus. Quand vous me parlez d’un homme miséricordieux, vous me le représentez doué de mille belles qualités : je me jette â son cou, je lui confie ma femme, mes enfans, ma fortune, ma réputation. C’est de lui que l'apôtre parle; il ne tuera pas, il ne volera pas, il ne se parjurera pas. Tout cela veut dire que les chagrins que ces crimes font naître dans le cœur des hommes, sont si fortement- sentis par l’homme miséricordieux, qu'il n'est ni en son pouvoir, ni en son caractère de s’en rendre coupable.

Concluons que la charité et l’amour de notre prochain sont la fin du commandement, et que celui qui l’observe a rempli le vœu de la loi.

Ainsi soit-il !

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