‹ Œuvres completes de SterneChapitre 45 sur 507 · I.r orrmon · texte numérisé non relu

I.r orrmon

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Ctir nout pfriUùJii J*«voù‘ wne bonne ««luei'enee.

— < Nous sommes persuadés d’avoir ti»e ■ bonne consi’ience?.., •

— l'n moment, Trim, dit mon père eu l'interromiKint. Tu ne donnes j>as le ton qu'à

TUIST&AII SllANDY.

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fiiul à celle scDtence. 11 semble que tu affecies de parler du ne* el de prendre un accenl railleur, comme si le prédicateur allait se plaindre de l’apôtre.

— C’est aussi ce qu’il va faire, dit Trim.

— Point du tout, répliqua mon père en souriant.

— Et moi, monsieur, dit le docteur Slop, je crois au contraire que Trim a raison, lai manière rude dont il relève les paroles de ra()ôtre annonce qu’il va blâmer sa doctrine.

— C'i’St sûrement là un écrivain protestant.

• — Et à quoi, s’il vous plaît, eu jugez-vous? Il n';i encore nen dit ni pour ni contre aucun des deux dogmes. — Cela est vrai :

mais c’est cpie clu!Z nous les prédicatiuirs répèti'iil avec plus de respect ce que les apôtres ont dit ; et si cet homme-là était duiis certains pays, je vous jure qu’à son seul début on le logerait pour sa vie à l’inquisition. — l.’inquisition? dit mon oncle TiJjie : est-ce. un édifice ancien ou moderne?

— Il n’est pas question ici d’architecture, répondit le docteur Slop. — L’inquisition !... Ah ! monsieur, reprit le caporal, c’est la plus horrible chose... — L’ami, s’écria mon père, gard(?s-en la description pour loi , j'en déteste justpi’au nom. — Une inquisition modérée telle qu’à Rome el dans toute l’Italie, répliqua le docteur Slop , doit être considérée sous un autre point de vue. Elle peut être très-utile dans bien des cas. Mais il s’en faut beaucoup que j’approuve la rigueur exi essive qu’elle exerce dans d'autres pays.

— Que le ciel ait pitié de ceux qui tombent entre ses mains! dit mon oncle Tobic. — Amen , s’éi ria Trim : Dieu sait que mon pauvre frère est dans leurs griffes depuis quatorze ans. — Ton frère? Slais tu ne m’as jamais parlé de cela , reprit avec précipiuition mon oncle Tobie. Trim , comment cela est-il arrivé? — .\h ! monsieur, celte histoire vous ferait saigner le c<cur. C’est l’afilii'tion de ma vie. Mais elle est trop longue pour vous la raconter à présent; je vous la dirai quehpie jour que nous travaillerons au boulingrin. Je puis pourtant vous la dire en abrégé. C’est à Lisbonne, monsieur. Mon frère Thomas y était passé. Il servait un négociant. 11 devint amoureux de la veuve d'un

juif et l’épousa. Chacun fait ce qu'd peut dans ce monde ; ils se mirent à vendre da boudin et des saucisses. Hélas! nne nuit qu’ils dormaient tranquillement à côté l'un de l’autre, on vint les enlever, et on les traîna dans les prisons de l'inquisition avec deux petits enfans. Que le bon Dieu ait pitié de lui ! s’écria Trim en soupirant. Ils y sont encore. C'était le meilleur garçon , continua Trim en tirant son mouchoir de sa poche, qui ait jamais existé.

Les liu-mes gagnèrent si fort Trim, qu’il mouilla dans un instant son mouchoir en les essuyant. Lu silence morne régna quelques minutes dans la salle : le sentiment de la compassion y avait |>énétré.

— Allons Trim , dit mon père , dès qu'fi vit que sa douleur était moins vive, un peu de courage. Oublie cette triste histoire , et continue de lire. Je suis fâché de l’avoir interrompu.

Le ca|>oral Trim s’essuya le visage, remit son moucliuir dans sa poche, fit une inclination , cl recommença sa lecture.

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