‹ Œuvres completes de SterneChapitre 54 sur 507 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

L« docicar SIep ti son petit tnin.

Eh! arrive! arrive! Le voila I Oui , c’est lui, c’est Obadiah, et il est chargé de tous les instruments chirurgicaux du docteur Slop, et il montre de loin le sac vert où ils sont renfermés...

— Les voici , dit Obadiah , en mettant le sac vert sur la table ; — et voilà la couronne que je t’ai promise, dit mon père, — et voilà aussi la mienne , dit mon oncle Tobie.

— A présent que j’ai mes outils, dit lu docteur Slop, et que je puis être utile à inadanie Shandy, je erois qu’il est à propos d'envoyer savoir comment elle se trouve.

— Point d’inquiétude , dit mon père; j’ai donné des ordres précis a la vieille sagefemme de nous avertir aussitôt qu'il surviendrait quelque difBculté...

— Des ordres à la vieille sage-femme ?

reprit le docteur Slop. Quoi! que voulezvous dire? qu’est-ce que cela signiOc?

— Ne vous fâchez point, docteur, dit mou

CO

Tills'IHAM SIIAMil.

pèreen liouriant , avec un air d’ciiibarraa. Il faut que tous aacliiez que tous o’èles ici qu'en qualité d’auiiliaire. Ce sont les termes d’un traité solennel qui s’est fait, bien contre ■non gré, entre ma femme et moi. Il est même coiiTenu que vous ne serez d'aucun secours, si la vieille sage-femme est assez adroite pour se passer de tous.

— Mais, comment diable?...

— J’ai fait ce que j’ai pu , continua mon père , mais les femmes ne se mènent pas toujours comme on veut ; elles ont leurs idées: et puis, à parler vrai, ce n'est pas nous qui sommes-là. Elles portent tout le fardeau ; il faut bien leur passer quelque cbose, et le moins qu'on puisse leur permettre en cette occasion, c’est d’agir en souveraines , et de se mettre entre les mains de qui bon leur semble?...

— Elles ont raison, dit mon oncle Tobie... — Mais , monsieur, reprit le docteur Slop en s’adressant A mon père , et sans égard |K)ur l’opinion de mon oncle Tobie, j’aimerais beaucoup mieux leur céder quelque chose de moins essentiel. Un père de famille attentif, et qui veut perpétuer sa race, ne doit pas souffrir qu’elles s’arrogent une pareille prérogative... Il y a tant d’autres choses qu’on peut leur laisser é gouverner.

— Je ne sais, dit mon père avec un peu de vivacité, ce qu’on pourrait leur abandonner... Mais il me semble qu’il n’y a rien de si simple, que de leur laisser le choix de la personne qui doit les aider à mettre nos enfants nu monde.

— Pour moi , dit le docteur Slop, j’aimerais presque autant leur laisser le privilège de les faire faire par qui elles voudraient.

— Puisque la chose est si sérieuse , dit mon oncle Tobieau docteur, je vous demande excuse.. .

— Monsieur, répliqua le docteur, elle est de la plus grande imporlance. Aussi ne pculnn concevoir jusqu'à quel point l'émulation des grands maîtres s’est excitée depuis quelques années... Lucine en personne serait aujourd'hui une ignorante. L’art est parvenu à son plus haut degré de perfection. C’est singulièrement sur l'extraction prompte et sAre du fmtus que l’on s’est attaché à faire des découvertes. Les soins qu’on a pris îi’ont

pas été inutiles... On a acquis sur ce point des lumières qui... en vérité, sont... tout-éfait surprenantes , et qui...

— Je voudrais, docteur Slop, dit mon oncle Tobie , que vous eussiez vu les années prodigieuses que nous avions en Flandre... peut-être...

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