CHAPITRE LIX
)F n'en uts rien.
Mais mon père n’élail pas de même. Imbu de toutes les notions qu’on pouvait avoir sur
le siège de l'dme, il se fraya une route particulière é travers les opinions de tous les philosophes ses devanciers. Il s’y enfonça tellement, qu’il en résulta, sur ce point, un nouveau système shandyen.
N'allez pas , je vous prie , vous imaginer que ce fût quelque chose de hasardé. Non , non. Mon père appuyait ce système sur la plus forte base .
Soit que la subtilité, la finesse, la délicatesse de l’éme dépendit du degré de température, de fluidité, de transparence de la liqueur de Borry, ou de la contexture fine et déliée du cerveau , cela était égal ; le système n’en était pas moins solide.
Qu’était-ce donc? .Mon père , comme on le sait déjà , croyait qu’il ne fallait rien négliger dans l’action même de la propagation de chaque Individu de l’espèce humaine.
Elle exigeait, selon lui , autant de réflexions qu’on y en met peu. On ne pouvait y apporter trop de soins, trop d’attention. C’était là le fondement de cette incompréhensible texture qui recèle la mémoire , l’esprit , l’imaginalion , l'éloquence et tout ce que l’on conçoit sous le nom de talents. Venait ensuite rinlluence des noms de baptême. Après ces deux causes primitives , qui dirigeaient tout ce qui arrive à l'homme pendant sa vie, il en venait une troisième. C’était celle que les logiciens appellent sine quâ non; ce qui voulait dire en anglais, en français, en basque, cl dans toutes les langues du monde, que l’action de la propagation ne signifiait absolument rien sans cela. Enfin , pour qu’on le sache , celle troisième cause exclusive était la conservation intacte de celle toile si fine, si déliée, si délicate... Et comment faire pour qu'elle ne fél point endommagée par la compression violente que souffrait la tête , par la sotte méthode que l’on avait de nous introduire dans ce monde la tête la première?
Ceci exige de l’explication.