‹ Œuvres completes de SterneChapitre 65 sur 507 · CHAPITRE LXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVIII

Un rien nous décoocirie.

C’est une chose qui n'a jamais été facile sous aucun règne, i moins que vous ne soyez aussi mince et aussi fluet que moi, que de forcer votre main à traverser diagonalement tout votre corps pour fouiller dans le fond de votre poche opposée : mais , en 1718, lorsque cette aventure arriva , cela était trèsdiflîcile. Mon père , qui s’obstina au succès dans cette occasion , fut nécessairement obligé de faire faire à ses bras une espèce de zigzag qui aurait frappé les yeux les moins clairvoyans. Jugez s’il échappa à mon oncle Tobie qui en avait tant vu I Tous les zigzags de la porte Saint-Nicolas lui revinrent sur-le-charop à l’esprit. Un clou, dit-on, chasse l’autre , et les zigzags chassèrent aussitét de son idée le sujet actuel de la conversation. 11 ne songea plus qu’au siège de Namur, et déjà il sonnait Trim pour lui dire d’aller chercher son plan , son compas et son secteur, alin de mesurer les angles de retour des traverses de l’attaque , et singulièrement celui où il avait eu l'bonneur de recevoir sa blessure dans l'aine... Mais mon père fronça le sourcil, rida son front... Il rougit, et mon oncle, mon pauvre oncle

Tobie se trouva subitement désarçonné

il était déjà juché sur son cher califourchon, et comme il allait courir I...

Page 1