CHAPITRE LXIX
IKhuIcut un lel et tant d'aotra n’asitwnt pu de mSnie.
Il en sera tout ce qu’on voudra ; mais c’est une idée que j'ai conçue, et elle en vaut
peut-être bien d’autres. Le corps de l'homme et son esprit sont précisément , selon moi, comme on justaucorps garni de sa doublure. Déchirez l’un , vous déchirez l’autre. Je ne trouve en cela qu'une exception : c’est lorsque vous êtes assez heureux pour que le justaucorps soit de ces espèces d’étolfes qui ont beaucoup d'apprét et qui se coupent, tandis que la doublure est d’un tissu Oexible qui se prête et résiste.
Zénon , Cléanthe, Diogène le Babylonien , Antipater, Panietins et Poseidonius, parmi
les Grecs Caton, Vairon et Sénèque,
parmi les Romains Panténus, Clément
d'Alexandrie et Montaigne, parmi les chrétiens, avec une trentaine et peut-être plus d’honnêtes gens aussi pen soucieux que moi, et dont je ne me rappelle malheureusement pas les noms , étaient de la même opinion. Tous prétendaient que leurs jaquettes étaient faites de la même manière ; vous les auriez pliées , dépliées , tournées , virées , chiffonnées, coupées, déchirées... Vous les auriez mises en lambeaux , vous les auriez effilo-
quées, vous en auriez fait de la charpie
Tout cela était égal. Le dessous ne s’en ressentait pas. Il n’en valait pas moins d'une épingle.
D'honneur, je me crois habillé de la même étoffe. Jamais justaucorps ne fut chatouillé plus virement que le mien ne l'a été depuis quelque temps, et cependant je déclare tout haut que sa doublure , autant que je puis m’y connaître , n’en vaut pas une obole de moins.
Bon Dieu I
Comme on l’a tiraillé I Houspillé!
Coupaillél
Croquevillé!
Tailladé I Dépecé I Déchiqueté I
Heureux I et mille fois heurenx que la doublure en était souple! Do gant, bien passé,
ne l’est pas davantage Encore une fois,
quel bonheur!... Par le ciel! A la manière dont on a traité le dessus, il ne serait pas resté un fil du dessous.
Vous, messieurs, qui de mois en mois
TRISTRAM SHAKDÏ.
jouei le râle d’inquuiteure liltéraires , et feuilletez ou ne feuilletez point du tout les écrits dont vous parlez; vous qui avez si cruellement mutilé mon pauvre justaucorps, d’où vient, je vous prie, que vous paraissiez aussi en vouloir à sa doublure? Que diable vous a-t-elle jamais fait?...
Vous m’en croirez, si vous voulez; mais je vous assure que je vous recommande de toute mon éme, ainsi que vos affaires, ù l’Ëtre tout-puissant, qui n’insulte personne... Que Dieu donc vous bénisse I Et si le mois prochain quelqu’un de vous grince encore les dents et se déchaîne contre moi, comme vous avez fait au mois de mai , qui , par parenthèse , était fort chaud , ne soyez point surpris si , au lieu d’entrer en effervescence,
je Ole doux sur la chose J’ai pris mon
parti i votre égard. C’est que tant que je vivrai ou que j’écrirai , ce qui est à peu près la même chose, je ne vous ferai pas pire que mon oncle Tobie ne Gt au moucheron importun qui bourdonnait autour de son nez pendant le dîner ... Il ouvrit doucement la fenêtre : • Va , va-t’en , pauvre diable ! dit-il, va, pourquoi te ferais-je do mal? ce monde est assez grand pour toi et pour moi. »
Je remarque cependant une chose : le moucheron avait des ailes; bien lui en prit.