CHAPITRE LXX
Le peorre boiDine!
Hélas! madame, tout homme qui aurait vu le prodigieux épanchement de couleur qui se Bt sur le visage de mon père, lorsque mon oncle Tobie sonna Trim ; et je vous assure ( pittoresquement et scientiOquement parlant) qu’il le Gt rougir de six teintes et demie , si ce n’est même de l’octave entière au-dessus de son ton naturel; qui l’aurait vu, dis-je, dans ce moment, et qui, en même temps, aurait observé le froncement de ses sourcils et la contorsion ridicule et extravagante de tout son corps , se serait, je crois, imaginé qu’il était atteint de quelque accès de rage. Il n’y avait que mon oncle Tobie
seul qui ne pouvait s’y méprendre. Un autre, pour peu qu’il eût aimé ces espèces d’accords qui sortent de deux instruments à l’unisson, se serait aussitét vissé sur le même ton... et alors quel tapage ! quel bruit! quel fracas ! La scène ne se serait passée que dans le mode d’une sixième d’Aviso Scarlati... Con furia... Mais que Dieu m’accorde sa bénédiction ! Quel rapport , quelle relation l’harmonie peut-elle avoir, con furia... con strepito?,..
Tout cela veut dire, madame, qu’un autre que mon oncle Tobie eût conclu que mon père était en colère, et qu’il s’y serait mis aussi, ou que du moins il l’aurait blâmé de s’y être mis. Mais mon oncle Tobie, dont le cœur interprétait toujours le plus favorablement les choses qui se passaient sous ses yeux, ne bléma que le tailleur qui avait placé la poche de mon père trop bas... Il se tint assis tranquillement jusqu’à ce que mon père en eût tiré son mouchoir... Il le regarda pendant tout ce temps avec un air qui exprimait l’intérêt le plus tendre. EnGn mon père prit la parole.