‹ Œuvres completes de SterneChapitre 68 sur 507 · CHAPITRE LXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXI

lioa oock Tobie eogneate b u modes

— Quelles armées prodigieuses vous aviez en Flandre?...

* — • Frère Tobie ! s’écria mon père , je te crois un des plus honnêtes hommes , un des cœurs les plus droits, une des âmes les plus sensibles qui jamais ait existé... Je sais que ce n’est pas ta faute si tous les enfans qu’on a faits sont venus dans ce monde la tête la première... Tu n’es pas cause qu’on en verra peut-être arriver aujourd’hui un millier en Angleterre de cette façon, et qu’il n’en vienne ainsi une multitude d’autres par la suite. Mais crois-moi , mon cher Tobie , c’en est bien assez pour ces malheureuses créatures que d’étre la victime des écarts, des inattentions , des inadvertances de leurs pères au moment qu’ils songent à les faire... C’est bien assez des peines, des chagrins des

THISTRAM SHAKDY.

embarras , des difOcultés qu'elles essuient dans ce monde après qu'elles y sont entrées , sans qu’il soit besoin de les exposer dans leur passage à des accidens et à des malheurs d’une autre espèce.

— Mais, dit mon oncle Tobie, en mettant sa main sur le genou de mon père , et en le regardant fliement avec le désir d’avoir une réponse, ces dangers sont- ils plus grands aujourd’hui qu’ils n’étaient autrefois? — • Frère Tobie, dit mon père, si un enfant naissait vivant , s’il était bien constitué , s’il se portait bien , si la mère n’essuyait point d’accidens fâcheux , nos grands-pères, qui étaient des gens simples , n’en demandaient pas davantage. Mais... » Mon oncle Tobie retira aussitôt sa main de dessus le genou de mon père , se pencha doucement sur le dos de sa chaise, leva les yeux justement à la hauteur de la corniche de la chambre... Alors il dirigea scs muscles buccinatoires le long de ses joues , ses muscles orbiculaires autour de ses lèvres... Ces instrumens Orent leur devoir , et mon oncle Tobie siffla son lilaburello.

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