‹ Œuvres completes de SterneChapitre 90 sur 507 · CHAPITRE XCIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIY

Je re&trerai bieotôl dâot U c«mir<.

Il y avait plus de dix ans que mon père prenait chaque jour la résolution de les faire raccommoder. Cependant ils ne l'étaient pas encore. Ce n'est peut-être que dans notre famille que l'on trouvait de ces singularités, un autre n'aurait peut-être pas supporté ce déstigrcment pendant une heure : ce qu'il y a de plus surprenant, c’est que mon père n'était jamais plus énergique dans ses plaintes, que quand U entendait les gonds de la porte crier. Mais sa rhétorique et sa conduite étaient perpétuellement en contradiction sur ce point. Jaiiiab on n’ouvrait la porte de la salle que sa philosophie et ses principes n'en fussent la victime. Trois gouttes d'huile éteiiducs avec une plume et quelques coups de marteau, eussent sauvé son honneur pour jamais...

Que l'homme est inconséquent ! il languit sans cesse sous des peines qu'il est dans son pouvoir d'écarter. Toute sa vie est en contradiction avec ses connaissances. Sa raison, ce précieux don de la Divinité, au lieu de verser de l'huile sur scs blessures, ne sert qu'à ii^ riter sa sensibilité, qu'à multiplier ses peines, qu'à le rendre plus mélancolique, et qu'à lui faire supporter scs chagrins avec plus de difficulté. àlalheureux mortel ! infortunée créature ! pourquoi agis-tu ainsi ? n'y a-t-il donc pas assez dans celte vie de causes nécessaires à ton extrême misère, sans y ajouter volontairement de nouvelles peines? tu t'irrites, tu te roidis contre des maux que tu ne peux éviter, et tu le soumets à d'autres qu'il serait facile d'éloigner!...

Mais on trouvera apparemment quelque jour trois ou quatre gouttes d'huile et un marteau dans le rh.àleau de Shandy, et je oc désespère pas que les gonds de la porte ne soient accommodes sous ce règne.

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