CHAPITRE XCIX
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Avons, mon digne ami, mon cherGarrick, à vous que j’estime et que j’honore par tant de raisons qu'il est peu important que l'on sache !
Dites-moi, je vous prie, si vous ne devinez pas pourquoi la troupe entière de nos fabricans de drames a pris ]>our mode l'exemple de Trim et de mon oncle Tobie.
Aristote et Pacuvius, le Bossu et Ricco-
TRISTHAH SBAmT.
boni, Diderot et tant d'autres graves précepteurs du théâtre, sont des messieurs, grâce à Dieu, que je n’ai jamais lus, et je m'inquiète |)cu de ce qu’ils disent on ne disent pas. Aije dune besoin de leur avis pour avoir une opinion? point du tout, et je soutiens qu’il ii’y a pas une plus grande diflerencc entre cette charrette de blanchisseuse, tirée par la plus chétive des haridelles, et l'élégant visà-vis de cette Hile d'opéra, qu’il y en a entre un seul amour isolé, et un amour doublé que nos auteurs font tirer par quatre coursiers fringans, qui caracolent, se cabrent, on courent le galop tout à travers un drame. Un amour tel que le premier, se pei-d dans l'iminensité de cinq actes. Il est froid, traînant, languissant. A peine jette-t-il un soupir qui annonce sa frigide existence. Mais l’autre... quelle différence ! Ce n’est point là, ce n’est point ici qu’on le trouve plutôt qu’ailleurs ; il est partout : partout on le rencontre. Il fait partout du bruit, du fracas, et éclabousse les spectateurs.
Il y eut de bien vives attaques du côté de mon oncle Tobie et de Trim, et une défense bien vigoureuse du côté de la veuveet du côté de Brigitte, et j’expliquerai tout cela quand il sera temps. Le pauvre oncle Tobie! Dieu veuille avoir son ame! Ce n’est pas là l’endroit le plus glorieux de sa vie ; il relira ses forces, et leva le siégé un peu honteusement.